«On ne devient pas saint en faisant la tête»

Les saints ne viennent pas d’un «monde parallèle», a affirmé le pape François en recevant les participants au colloque sur «la sainteté aujourd’hui» organisé par le dicastère pour les Causes des saints, le 6 octobre 2022.

La sainteté «n’est pas un programme d’efforts et de renoncements», ni «un exercice opprimant et triste», a souligné d’emblée le pape, avant d’avertir: «On ne devient pas saint en ›faisant la tête’». La sainteté, a-t-il ajouté, c’est «avant tout l’expérience d’être aimé de Dieu, de recevoir gratuitement son amour».

Prendre la part de la vie qui fait rire

Sortant de ses notes, le pontife de 85 ans est allé plus loin en évoquant «le sens de l’humour» comme «une dimension de la sainteté». «Un saint triste est un triste saint», a-t-il lancé selon le fameux adage, invitant à «savoir profiter de la vie avec le sens de l’humour», et à «prendre la part de la vie qui fait rire».

Comme il le fait souvent, le pape a aussi indiqué la voie des «saints de la porte d’à côté». Cette sainteté germe «dans le quotidien qui est fait de famille, d’étude, de travail, de vie sociale, économique et politique». Le pape a notamment cité les parents qui élèvent leurs enfants, les personnes qui supportent une situation d’infirmité, les personnes âgées «qui continuent à sourire».

Conseils pour le discernement d’un saint

L’évêque de Rome a recommandé aux Églises particulières de valoriser les exemples de vie chrétienne mûris en leur sein. Il a souligné le «flair» des fidèles pour reconnaître la sainteté. Mais, a-t-il poursuivi, la réputation de sainteté doit être «stable», «durable» et «répandue». Elle doit résister «aux changements de temps, aux modes du moment», et engendrer «des effets salutaires pour tous».

Le pape a demandé à tous ceux qui travaillent sur les causes de sainteté «un discernement sage et perspicace», se préoccupant particulièrement du «risque d’exagérations et de mystifications dictées par des intérêts peu nobles» sur les réseaux sociaux.

Dans le processus de discernement, le pontife s’est arrêté sur la nécessité d’être attentif aux signes et aux miracles. «Quand les fidèles sont convaincus de la sainteté d’un chrétien, ils font recours – même en masse et avec passion – à son intercession céleste», a-t-il constaté. Et finalement, «l’exaucement de la prière de la part de Dieu représente une confirmation». (cath.ch/imedia/ak/rz)

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