Temps de formation pour les prêtres

Fribourg: Conseil presbytéral diocésain

Fribourg, 1er décembre 1997 (APIC Les temps sabbatiques et les difficultés rencontrées par les prêtres dans leur activité au quotidien ont été les principaux sujets d’échanges et de discussion au dernier Conseil presbytéral (Cpy) du diocèse de Lausanne; Genève et Fribourg. Mgr Grab a également commenté le lancement, le 30 novembre, de l’Assemblée diocésaine, AD 2000.

Après un certain nombre d’années de ministère, des prêtres éprouvent le besoin d’un temps prolongé de formation, de ressourcement. De nombreux domaines, y compris l’activité pastorale, sont en effet sujets à de profonds changements. Il s’agit, pour le prêtre, d’une mise à jour, d’acquérir des compétences qui lui permettent d’être partie prenante des mutations actuelles. Cette formation est une nécessité reconnue, qui faisait déjà l’objet d’un document codifiant ses modalités. La discussion du Cpy avait pour objet la mise à jour d’un règlement datant de 1984.

La formation permanente des prêtres, a rappelé la commission que présidait Philippe Baudet, est déjà assurée «en cours d’emploi»: sessions pastorales, cantonales ou régionales, une fois l’an; temps de «recyclage» obligatoires; sessions proposées par le Centre catholique romand de formation permanente (CCRFP). Il y a aussi diverses associations presbytérales qui proposent à leurs membres des temps de retraite, de formation spirituelle. Mais la nécessité peut se faire sentir d’un temps plus long, d’une formation spécifique ou d’un ressourcement. Ce qui ne va pas sans poser des problèmes pratiques, d’où la nécessité d’un «mode d’emploi» précis.

Problème du remplacement

Le document examiné par le Cpy en première lecture fixe des durées: un temps sabbatique de formation peut être demandé après au moins huit ans de ministère; il durera environ quatre mois. Les demandes seront traitées par les vicaires épiscopaux. Le remplacement du prêtre en congé-formation doit être pris en charge par les collègues de l’équipe pastorale, prêtres et agents pastoraux dans la mesure du possible. Il faudra bien, dans certains cas, trouver une aide extérieure: il est impossible, dans certains secteurs pastoraux, de charger davantage les prêtres en fonction, a signalé Jacques Banderet. Il incombera aux Fédérations cantonales (pour Fribourg: aux paroisses) qui ont bénéficié du ministère du prêtre de financer son salaire durant la période sabbatique, ainsi que celui de l’éventuel remplaçant.

Et qu’en est-il des assistants pastoraux laïcs, pour qui de tels temps de formation sont aussi nécessaires? Difficile d’appliquer les directives prévues pour des prêtres: il faudra un règlement qui soit adapté à leur situation, a estimé le Cpy.

Prêtres face à des difficultés

Une commission de cinq prêtres venant de toutes les régions du diocèse avait reçu comme mandat de faire l’inventaire des difficultés que rencontrent les prêtres dans leur vie et leur travail. Il s’agissait aussi de trouver des moyens pour soutenir, aider à faire front. Une commission qui a vécu des moments d’échanges d’une grande vérité, a assuré Pierre Jordan, son rapporteur. Les sources de malaises sont multiples. Il y a des problèmes liés à l’organisation de l’Eglise, à une nomination, à une surcharge. Il y a aussi l’évolution psychologique qui peut conduire à des crises douloureuses, à des conflits d’identité aux racines profondes qui touchent au domaine spirituel.

Le prêtre peut trouver dans son environnement les moyens de surmonter des difficultés personnelles. Il y a l’équipe pastorale, les rencontres avec des confrères. Mais, accaparés par les urgences pastorales, les prêtres trouvent-ils le temps d’un vrai partage, d’un moment pour souffler? «Dans le ministère, nous avons une maîtrise bien limitée du temps», commente le rapport. L’exigence d’être en permanence présent à tous porte le risque de s’oublier soi-même. Et il y a des situations vraiment difficiles qui nécessitent une aide extérieure.

La commission a tenté d’élaborer un catalogue de réponses possibles, de moyens d’aide et de responsabilités à assumer. Les réactions des membres du Cpy lui permettront une nouvelle rédaction de ce texte fouillé en sériant la réflexion: il s’agit de distinguer entre ce que Marc Donzé appelait «les difficultés courantes» et «les gros problèmes».

AD 2000

Mgr Grab a rappelé le lancement de l’Assemblée diocésaine, AD 2000. L’objectif est la mise en place d’une structure légère, dynamique qui doit permettre à ceux qui sont déjà engagés dans les activités pastorales et ceux qui restent en marge de se rencontrer, de dire leur espérance, leur engagement. Cette assemblée, les rencontres et les célébrations qui la jalonneront doivent permettre le partage entre toutes les sensibilités. Le fait que ce ne soit pas un synode permet davantage de souplesse, de participation. (apic/ys/pr)

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