Synode pour l’Amérique:
Rome, 3 décembre 1997 (APIC) Le Synode pour l’Amérique est à un tournant: les groupes de travail (»circuli minores») chargés de réagir au rapport de synthèse présenté vendredi recentrent les débats sur «la rencontre personnelle avec le Christ vivant», a expliqué aux journalistes Mgr Maurice Couture (Québec), qui participe aux groupe de langue française.
Les premiers échos du travail des sept groupes linguistiques ont été présentés mardi: deux en espagnol, un en portugais, deux en anglais, un en italien et un en français. Les «genres littéraires» sont très différents, certains présentant un catalogue de recommandations et suggestions en vue de l’exhortation finale, d’autres organisent leur intervention autour d’un paragraphe du document, d’autres encore réagissent de façon spontanée. Le rapport du groupe français, présenté par Mgr Goudreault (Canada), propose de son côté une synthèse organisée.
Selon Mgr Couture, les groupes semblent s’accorder pour que dire la rencontre personnelle avec le Christ doit être au centre de l’exhortation. Les Pères synodaux insistent tous pour que cette rencontre ne reste pas de type communautaire et pour qu’elle ne se limite pas à la connaissance du Christ historique, mais à celle de sa personne et de sa présence vivante aujourd’hui, trop de catholiques étant davantage «déistes» que «chrétiens» au sens plein du terme, a expliqué l’archevêque de Québec.
Pour les évêques francophones, les réponses à toutes les questions qui se posent à l’Eglise en Amérique – une vingtaine de sujets reviennent régulièrement – doivent être vue sous cet angle. Dans une telle convergence, note Mgr Couture, se vit l’expérience de la «communion» qui fait «la force de l’Eglise universelle».
Ce qui ressort de façon générale, c’est «une vision plus évangélique et théologique» des réalités, où toutes sont mises en rapport avec la rencontre du Christ. Le groupe francophone a ainsi tenu à partir de la parole de Dieu (une citation biblique a été choisie pour les sept têtes de chapitre de leur synthèse), pour aborder la question sociale – «écouter le cri des pauvres» -, de l’immigration à l’attention aux populations indigènes et au problème de la dette internationale.
Nouvelle évangélisation, œcuménisme…
Autre point clef des propositions, la nouvelle évangélisation, car «pour l’Eglise, ne pas évangéliser serait reculer», qui passe par la formation des prêtres, notamment pour les préparer au dialogue avec les «marges» de l’Eglise, et celle des laïcs, la catéchèse et la préparation sacramentelle qui sont fondamentales et doivent être renouvelées. D’autres préoccupations portent sur la vocation des laïcs, l’attention aux Eglises orientales d’Amérique, l’oecuménisme, l’écologie, la «culture de la vie», la famille, l’unité du continent, sur laquelle «l’unanimité de coeur est profonde», car «l’unanimité des esprits» est une autre chose, à ne pas «forcer», souligne Mgr Couture.
La plupart des évêques ne sont pas favorables à la création d’une nouvelle structure qui favoriserait la communion et la solidarité entre les conférences épiscopales: «Assez de structures !» Un consensus se dégage néanmoins pour la mise en place de commissions intercontinentales sur des questions précises: pastorale, immigration, dette, formation des prêtres… Reste, souligne Mgr Couture, à se mettre d’accord sur certaines notions, pour que «globalisation» ou «nouvelle évangélisation» correspondent à une même réalité dans l’esprit de tous.
Les réactions et suggestions des groupes de travail linguistiques sont transmises au secrétaire général du synode, à qui il revient de coordonner la rédaction des propositions finales soumises à l’approbation des Pères synodaux. Elles fourniront alors la base de la rédaction de l’exhortation apostolique post-synodale. (apic/cip/imed/pr)
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