La collaboration des laïcs et des prêtres en débat

Suisse: 238e Assemblée ordinaire de la Conférence des évêques suisses

Berne, 4 décembre 1997 (APIC) «Ce qui constitue le fruit de décennies ne peut faire l’objet d’un soudain changement de cap», estime la Conférence des évêques suisses (CES) à propos de «L’Instruction sur quelques questions concernant la collaboration des fidèles laïcs au ministère des prêtres», publiée le 13 novembre par le Vatican. La pratique étant fort différente d’un diocèse à un autre, il revient à chaque évêque diocésain, d’entente avec ses divers Conseils, d’étudier les voies d’application de ce document pour la réalité pastorale de son diocèse, a-t-on déclaré jeudi à Berne, au cours d’une conférence de presse.

Cette Instruction est adressée à tous les évêques de l’Eglise universelle, «elle ne doit pas être perçue dans la seule perspective suisse», a en effet relevé jeudi à Berne Mgr Henri Salina. L’évêque-Abbé de St-Maurice dirigeait sa dernière conférence de presse en sa qualitéé de président de la Conférence des évêques suisses (CES). Une présidence que reprendra dès l’an prochain et pour trois ans Mgr Amédée Grab, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg.

La CES s’est penchée sur les questions que soulèvent en Suisse et dans le monde l’Instruction romaine sur les laïcs, au cours de sa 238e Assemblée ordinaire, tenue du 1er au 3 décembre à Morges. Les évêques suisses ont traité le document et les «nombreuses réactions d’une manière approfondie». Ils ont été eux-mêmes «surpris» par cette publication. La CES constate que cette Instruction a été reçue avec consternation dans une grande partie de l’Eglise catholique en Suisse. «Nombreux sont les laïcs, permanents ou bénévoles, qui ont été désécurisés, découragées voire fâchés», reconnaissent les évêques.

Pour la CES, la vérification des diverses situations pastorales requises par l’Instruction doit être accomplie avec intelligence, patience et surtout le dialogue avec les personnes concernées. «Ce qui constitue le fruit de décennies ne eut faire l’objet d’un soudain changement de cap. Les dispositions prises par nous-mêmes et nos prédécesseurs sont ainsi en vigueur».

Hommage aux laïcs

Pour la CES, l’Instruction ne remet pas du tout en question la collaboration des laïcs au sein de l’Eglise, au contraire, elle la rappelle. Les évêques suisses renouvellent aux laïcs permanents leur confiance. «Leur contribution à la vie de l’Eglise est indispensable à nos diocèses. Ils ne constituent pas une concurrence face aux prêtres, mais ils sont les nécessaires collaborateurs de ces derniers».

Les évêques suisses considèrent le document romain comme un défi de vérifier les évolutions récentes au sein de l’Eglise qui est en Suisse, et rejoignent l’idée de base de cette Instruction de définir d’une manière plus claire les divers ministères au sein de l’Eglise. Ils se déclarent convaincus de «l’indispensabilité du sacerdoce» et estiment nécessaire, par conséquent, de faire comprendre «la signification du sacrement de l’Ordre et de le revaloriser».

La CES relève encore que la pratique est fort différente d’un diocèse à un autre, il revient donc à chaque évêques diocésain, d’entente avec ses divers Conseils, d’étudier les voies d’application de ce document pour la réalité pastorale dans son diocèse. «Ceci englobe le devoir de vigilance de chaque évêque face aux éventuels dérapages ou transgressions qui blessent la vie pastorale de l’Eglise en Suisse». Responsable de l’enracinement prudent de ce document, explique la CES, l’évêque diocésain n’est ni un simple organe d’exécution, ni séparé d’une sincère unité avec le pape et le magistère de l’Eglise universelle.

Conscients de leur responsabilité, les évêques suisses espère qu’un dialogue suivi avec les instances romaines «permettra d’ouvrir les voies vers un avenir serein».

Première visite du nonce apostoliques aux évêques

La CES a accueilli pour sa première visite aux évêques le nouveau nonce apostolique à Berne, Mgr Oriano Quilici. Les évêques ont bien entendu pris note de ce qui a constitué «La nouvelle», à savoir la démission de Mgr Haas et la création, pour celui qui est désormais l’ex-évêque de Coire, de l’archevêché de Vaduz, au Liechtenstein. Mgr Salina a cependant précisé que Mgr Haas, devient administrateur apostolique pour le diocèse de Coire jusqu’à la nomination de son successeur, et qu’à ce titre, pendant ce temps uniquement, il reste membre de la CES.

Les évêques suisses ont encore procédé à une nouvelle répartition des dicastères au sein de la Conférence. Le nom de Mgr Haas n’y figure désormais plus. La CES a encore reçu deux représentes de la «Commission «La femme dans l’Eglise», entendu le rapport des 2 délégués de la CES au VIe Forum international des jeunes 1997 à Paris ainsi que celui sur les XIIe Journées mondiales de la jeunesse. La jeunesse tessinoise et les évêques suisses invitent d’ores et déjà à un Rassemblement suisse sur le Monte Tamaro (Tessin), qui aura lieu les 12 et 13 septembre 1998.

La CES a enfin procédé à plusieurs nominations au sein de la commission théologique de la CES, commission nationale «Justice et Paix», commission de dialogue catholique/réformés de Suisse. (apic/pr)

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