Chine: Contrairement à ce que prétend Pékin, Mgr Su Zhimin toujours détenu
Rome, 5 décembre 1997 (CIP) Mgr Jacques Su Zhimin, évêque non reconnu par le gouvernement de Baoding, en Chine, son auxiliaire Mgr An Shuxin, et le Père Wang Quanjun, jeune prêtre de l’église clandestine, seraient encore en détention, malgré les allégations de Jiang Zemin aux Etats-Unis, indique l’agence d’information missionnaire «Fides». L’organe de la Congrégation pour la Propagation de la foi dénonce une «désinformation».
Le secrétaire d’Etat américain, Madeleine Albright, avait annoncé le 28 octobre la libération d’un évêque catholique. Selon des sources catholiques de Hong-Kong, il s’agissait de Mgr Su Zhimin. Ce dernier, après avoir dû se cacher pendant 17 mois, avait été arrêté le 8 octobre, au cours même du voyage de Jiang Zemin aux Etats-Unis. Le cardinal chinois Gong Pin-mei vivant en exil aux Etats-Unis en avait immédiatement appelé à J. Zemin en demandant sa libération, ainsi que celle de son auxiliaire et d’autres ecclésiastiques.
Selon Fides, l’évêque, son auxiliaire, prisonnier depuis mars 1996, et un jeune prêtre arrêté en août 1997 seraient cependant toujours en détention. C’est ce qu’affirme la Fondation cardinal Kung établie à Stanford, aux Etats-Unis. Une nouvelle confirmée par des catholiques de la région de Baoding. Mais les fidèles ne connaîtraient pas le lieu de détention de leur évêque.
Pour Fides, ces nouvelles contradictoires cacheraient une manoeuvre à la veille d’autres voyages de responsables chinois, destinée à tromper l’opinion publique sur l’état des droits de l’homme en Chine. «Le cas de Su Zhimin, affirme l’agence, semble être un cas typique de ’dépistage’ et de ’désinformation’.» L’organisation internationale Human Rights Watch a souvent dénoncé ces derniers mois la détention ou la «disparition» temporaire de membres de l’Eglise de façon à provoquer la confusion des sources d’information et des gouvernements eux-mêmes.»
Fides rappelle un autre cas de «dépistage», lors de la visite du chancelier allemand Helmut Kohl à Pékin en 1987. Ce dernier avait réclamé la libération de Mgr Fan Xueyan, évêque de Baoding. Pékin avait affirmé publiquement que l’évêque avait été «libéré». Il avait en effet été tiré de sa prison, mais il restait sous surveillance 24 h sur 24.
L’agence romaine met ces manoeuvres en rapport avec les relations économiques entre la Chine et les Etats-Unis en vue notamment d’obtenir la clause de nation favorisée. Or, les observateurs s’accordent pour estimer que les négociations économiques dépendent aussi des pressions de l’opinion publique américaine. Ces manoeuvres visent donc à endormir sur la question du respect des droits de l’homme et de la liberté religieuse en Chine.
L’agence Fides dénonçait ce «mirage» dès le 22 octobre dernier, montrant comment, dans un «livre blanc» de statistiques chinoises officielles, l’existence de l’Eglise catholique clandestine a été purement et simplement effacée. Ce qui revient à éliminer 5 ou 6 millions de catholiques fidèles à Rome, qui refusent de se rallier à l’Eglise catholique officielle sous contrôle de l’Association patriotique des catholiques chinois. (apic/cip/imed/mp)
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