Coire: Mgr Peter Henrici n’est pas candidat à la succession de Mgr Haas
Zurich, 8 décembre 1997 (APIC) «Je ne crois pas qu’il serait bon qu’un des deux évêques auxiliaires succède à Mgr Wolfgang Haas sur le siège de Coire», a déclaré Mgr Peter Henrici samedi sur les ondes de la radio suisse alémanique. L’évêque auxiliaire à Zurich sait qu’il est le «favori» pour cette charge, mais estime qu’une telle succession ne serait pas bonne. Pour lui une telle démarche s’inscrirait trop dans une logique de vainqueurs et de vaincus.
Le successeur de Mgr Haas doit être quelqu’un capable d’être accepté par les deux partis existant dans le diocèse et qui se sont formés déjà avant l’arrivée de Mgr Haas, estime Mgr Henrici. Les gens qui ont souhaité le départ de Mgr Haas ne constituent pas un groupe homogène. La majorité d’entre eux font partie du juste milieu. Mais il y a en face les adhérents fervents à Mgr Haas qui sont naturellement très déçus. Il faut trouver un homme non seulement capable de parler avec tous, mais que tous pourront accepter.
Pour Mgr Henrici, la querelle autour de la personne de Mgr Haas a trop longtemps caché les vrais problèmes et a, pour ainsi dire, dispensé l’Eglise du diocèse de Coire et de la Suisse de se pencher sur les difficultés réelles et de définir des options essentielles.
La querrelle ne porte pas seulement sur une vision plus ou moins conservatrice ou ouverte de l’Eglise ou sur la place des femmes et des laïcs. Pour l’évêque auxiliaire, la question touche plus profondément la structure sacramentelle de l’Eglise, la collaboration des laïcs dans le service ecclésial et le rôle du prêtre dans les paroisses.
Mgr Henrici se demande si les structures paroissiales traditionnelles, telles qu’elles se sont développées en Suisse, avec des communes ecclésiastiques, correspondent à la situation actuelle. On ne peut plus dire aujourd’hui un village, une église, un curé, remarque-t-il.
Le rôle des laïcs ne peut pas être celui d’un ’ersatz’. Le laïc doit avoir une fonction et une responsabilité particulière pour la communauté. Il n’est pas là comme simple remplaçant du prêtre manquant, souligne l’évêque auxiliaire.
La solution apportée par Rome avec la nomination de Mgr Haas comme archevêque de Vaduz n’est évidemment pas la même pour les yeux suisses, les yeux romains ou ceux du Liechtenstein, admet Mgr Henrici. Il remarque cependant que le diocèse de Coire était jusqu’à présent l’un des rares, sinon l’unique, diocèse au monde à cheval sur deux Etats. La correspondance entre frontières nationales et ecclésiales est une doctrine incontestée. C’est la raison pour laquelle le diocèse de Constance a été démembré au siècle dernier. Tôt ou tard la création d’un diocèse du Liechtenstein aurait dû se faire. Comme le Liechtenstein est une principauté la coutume, celle-là récente, veut qu’il soit présidé par un archevêque.
Quant à l’hypothèse évoquée par le journaliste d’un déplacement de Mgr Kurt Koch de Bâle à Coire, Mgr Henrici la qualifie de doux rêve, même s’il estime que Mgr Koch aurait le profil idéal pour Coire. (apic/drs/job/mp)
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