70 personnes concernées dès le début 1998

Lausanne: L’EPER lance un projet de réinsertion professionnelle

Lausanne, 9 décembre 1997 (APIC) « Toute personne a droit au travail ». Cet article de la Déclaration universelle des droits de l’homme sert de thème à la campagne de décembre de l’Entraide protestante suisse (EPER). L’oeuvre caritative des Eglises réformées s’apprête à lancer à Lausanne dès le début de l’année prochaine un projet d’insertion professionnelle des réfugiés statutaires.

A terme, le projet englobera d’autres catégories de sans emploi et s’étendra à toute la Suisse romande.

Environ 80% des réfugiés statutaires que l’EPER assiste sont des sans-emploi de longue durée. Depuis plus d’un an, le service des réfugiés de l’oeuvre d’entraide réfléchit à la problématique particulière du non emploi et du statut de réfugié. Un questionnaire remis à tous les usagers du service a permis de mieux cerner leur situation. Première constatation: ces personnes ne se satisfont pas de leur statut d’assistés. En majorité, ces réfugiés sans emploi ont entre 25 et 40 ans et sont généralement bien formés (50% sont des universitaires). Ils disposent le plus souvent d’une expérience professionnelle dans leur pays. Les réfugiés statutaires, c’est-à-dire les personnes qui ont obtenu le droit de rester en Suisse et d’y travailler, dont l’EPER a la charge, sont originaires de Bosnie, du Kosovo, d’Albanie, du Vietnam, d’Afghanistan, d’Irak et de Somalie.

Le projet de réinsertion professionnelle de l’EPER devrait démarrer dès le début de l’année prochaine pour quelque 70 personnes. « Dans un premier temps, il s’agira de `nos’ réfugiés », précise Rachel Pache, assistante sociale, responsable du projet. Le projet s’adresse à des personnes touchées par plusieurs années d’inactivités professionnelles. Il vise à leur permettre de reprendre confiance en elles-mêmes, en empêchant que s’installe un processus de dévalorisation personnelle et professionnelle. Au bout du compte, l’objectif consiste à insérer ces personnes dans le tissu socio-professionnel.

Démarche en quatre modules

La démarche de l’EPER s’articule autour de quatre « modules ». La première étape ou premier module consistera à faire une évaluation et un bilan des compétences des sans-emploi afin de déterminer leurs forces ou leurs manques. Dans un deuxième temps, la personne effectuera en fonction de ses besoins un stage en entreprise, afin d’évaluer ses qualités professionnelles et d’envisager d’éventuels perfectionnements ou autres formations. Le service des réfugiés de l’EPER propose encore une permanence « recherche-emplois », qui soutiendra les usagers dans leurs démarches (rédaction d’un CV, entretiens d’embauche, etc.). Enfin, le projet prévoit également la mise sur pied d’un forum avec les entreprises. Toute l’opération repose sur un réseau – à consolider et à élargir – formé d’entreprises et d’associations diverses travaillant dans le domaine de la réinsertion professionnelle. Afin de permettre aux usagers de devenir autonomes, la démarche leur propose de s’entraider en travaillant en tandem. Les personnes, partie prenantes du projet, devront s’engager par écrit en signant un contrat moral à suivre tout le processus.

Ouvert aux chômeurs de longue durée

D’ici la fin de l’année, le projet s’ouvrira aux chômeurs de longue durée immigrés ou suisses, ainsi qu’aux personnes bénéficiant dans le canton de Vaud du « Revenu minimum d’insertion » (RMI). L’EPER espère en outre développer son projet à Genève et par la suite ailleurs en Suisse romande. Dès l’an prochain encore, l’EPER ouvrira à Lausanne un atelier « Faire plus avec moins », qui permettra aux réfugiés d’apprendre à mieux gérer leurs budgets.

L’Entraide protestante suisse a débloqué un million de francs sur trois ans afin de réaliser en Suisse des projets destinés aux sans-emploi. Fondée en 1946, l’EPER emploie 200 personnes, dont la moitié travaille sur des programmes en Suisse. Le budget global de l’oeuvre s’élève à 70 millions de francs. Ses principales activités englobent la coopération au développement, l’aide d’urgence, l’aide aux Eglises en Europe. En Suisse, elle s’occupe des réfugiés et des personnes défavorisées. (apic/spp/ba)

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