Rome: Publication du message final du Synode pour l’Amérique
Rome, 11 décembre 1997 (APIC) Le Synode pour l’Amérique a publié jeudi 11 décembre son message final du Synode. Les 300 Pères synodaux lancent un appel à la nouvelle évangélisation et à la sainteté personnelle, en vue de transformer les mentalités, et de corriger les injustices sociales. De nombreux points figurent dans ce message final. Du problème de la dette extérieur à la conversion personnelle en passant par le drame des enfants des rues
Le message final ne comporte pas de référence explicite aux sectes, particulièrement actives en Amérique latine. De même aucune création de structure pan-américaine de l’Eglise n’est envisagée. Le message comporte un appel à la réduction de la dette extérieure et de nombreuses référence aux questions sociales. Mais il est surtout dominé par un appel très net à la conversion personnelle envisagée comme la réponse à toute une série de problèmes.
Le texte de sept pages, s’articule en quatre parties, « les joies de l’Eglise en Amérique » ; « les inquiétudes de l’Eglise en Amérique » ; « les défis de l’Eglise qui est en Amérique » ; « Jésus Christ, notre espérance ».
Convoqué à l’initiative de Jean Paul II, pour favoriser la solidarité et la communion ecclésiale entre l’Amérique du Nord et du Sud, ce Synode concerne la moitié des catholiques du monde.
L’introduction pose une remarque d’ordre méthodologique : « En Amérique, nous ne formons qu’une seule communauté. Bien qu’elle soit constituée de plusieurs peuples, riche de multiples cultures et de divers langages, tant de choses nous unissent que nous sommes dépendants les uns des autres. A l’invitation du Saint-Père, cette rencontre historique de l’Eglise en Amérique nous convie à trouver réponse aux problèmes et aux inquiétudes propres à notre partie du monde, non pas tant en cherchant à servir une partie de l’Amérique ou même à répondre aux besoins de l’autre, mais en identifiant nos ressources communes et en devenant plus conscients des besoins de chacun ».
Le rôle des femmes
La première partie du document, « les joies de l’Eglise en Amérique », est construite sous la forme d’un « salut » adressé à différentes catégories de personnes en forme de remerciement. En premier lieu, les « familles » et les « laïcs ». Puis « les femmes de notre continent, en soulignant le rôle extraordinaire que vous avez joué dans notre histoire et dans la transmission de la foi. Nous sommes certains que vos nombreux talents contribueront à poursuivre la construction du Royaume de Dieu en Amérique dans l’amour, la vérité, et la joie ». Viennent ensuite les « enfants », les « jeunes » dont on se réjouit « du remarquable attachement pour le Saint-Père » et de qui on attend un « service de la justice et de la paix ». Les évêques, les prêtres et les diacres permanents sont ensuite cités. On considère que l’arrivée de ces derniers, « dans les services pastoraux de nos pays constitue une grâce particulière ».
La liste se termine par une référence aux séminaristes, et aux milliers de paroisses et à la multiplication des petites communautés de foi dont on se félicite de l’existence. Enfin les martyrs connus et inconnus terminent la liste.
La seconde partie du document traitent des « inquiétudes de l’Eglise en Amérique ». Vient en premier lieu, la situation des familles dont « l’éclatement » inquiète, et la situation des parents seuls qui élèèvent leurs enfants. On parle ensuite des jeunes gens dont « l’idéal a été altéré par les excès de la consommation », ou qui sont obligés de quitter leur foyer en milieu rural, ou leur pays natal pour aller ailleurs et être trop souvent incompris et maltraités.
Un paragraphe complet est dédié aux enfants des rues. « Ce que vous, enfants de Dieu, endurez, ne devrait arriver à personne. Vous pouvez même ne pas réaliser que vous êtes abandonnés, abusés, exploités et enfermés dans une vie marquée par le crime. Quelques-uns d’entre vous sont menacés de mort par ceux là même qui devraient vous protéger du mal. Nous faisons appel à toutes les personnes de bonne volonté pour vous soustraire à ces dangers ».
De même, un paragraphe est consacré aux immigrants avec une mention aux « travailleurs saisonniers qui trimez sous le soleil pour nourrir votre famille. Nous nous unissons à vous et nous nous rendons solidaires de votre quête pour de justes conditions de travail.(…) Nous rappelons cet enseignement puisé du livre desLévitique : L’étranger qui réside avec vous sera pour vous comme un compatriote et tu l’aimeras comme toi-même, car vous avez été étrangers au pays d’Egypte ».
Des minorités aux enfants de la rue
Les membres « de minorités victimes de préjugés », sans d’autres précisions, ne sont pas oubliés et on leur rappelle leur dignité. « Vous souffrez des frustrations engendrées par la discrimination et l’hostilité, comme des abus que les institutions sociales vous infligent ».
Viennent ensuite des références « aux peuples autochtones et indigènes » qui ont « tant souffert sous les coups d’hommes avides et violent », et qui « jouissent aujourd’hui maigrement de l’abondance de nos pays ».
A propos des « descendants des Africains » le message du Synode affirme : « Nous voulons continuer de travailler avec vous pour que vous soit reconnue la pleine dignité des enfants de Dieu. Vous êtes, comme toujours, les bienvenus dans nos églises et nos communautés chrétiennes « .
A ce point, le message aborde la question des « pauvres ». « De tous les appels du Peuple du Dieu qui ont retenti dans les murs de ce Synode spécial pour l’Amérique, le cri des pauvres a été entendu d’une façon particulièrement aiguë ». Une pauvreté dont la cause, « ne réside pas seulement dans nos péchés personnels, mais aussi dans des structures de péché ».
Appel aux gouvernements et aux financiers
En conclusion de l’examen de ces problèmes, le Synode convie » les chefs de gouvernement et d’entreprises, les financiers, ceux qui bénéficient de grandes possessions matérielles, les économistes, les travailleurs sociaux, les théologiens, les experts de l’enseignement social de l’Eglise, comme tous ceux et celles qui sont de bonnes volonté pour cheminer avec nous et les pauvres et trouver avec eux des solutions respecteuses de leur dignité humaine. «
La troisième partie du texte, » les défis de l’Eglise qui est en Amérique « , insiste dès le départ sur la » nouvelle évangélisation « . » L’Eglise a besoin de témoins de la foi. L’Eglise a besoin de saints. (…) Nous vous invitons, vous les fidèles, à accueillir l’appel du Seigneur à devenir les évangélisateurs du troisième millénaire (…). Soyez témoins de la foi par la sainteté de votre vie, par votre attention envers tous, par votre charité envers ceux qui sont dans le besoin et votre solidarité avec ceux qui souffrent de l’oppression « .
On insiste ensuite sur l’importance » de susciter de nouvelles vocations à la prêtrise et à la vie consacrée » et sur la nécessité de l’échange missionnaire entre les Eglises : » Les prêtres et les autres missionnaires du Nord, sont toujours nécessaires au Sud et ailleurs dans le monde. En même temps, l’Eglise qui est dans le Sud de l’Amérique a intensifié ses efforts pour envoyer des missionnaires au Nord et dans d’autres pays « .
A ce point, les évêques abordent la question de la communication sociale avec ce constat : » il nous faut apprendre comment proclamer et commenter la Parole de Dieu dans ce nouveau langage auquel tant de gens se sont habitués au contact des moyens contemporains de communication « .
Combattre les préjugés anti-religieux
Enfin, dernier paragraphe de cette partie, la question de la liberté religieuse. » En certains endroits, malgré les garanties juridiques, les évêques, les prêtres, les diacres, les délégués de la parole, les religieux, les religieuses, et les laïcs sont pénalisés, calomniés, intimidés et même dépouillés pour la cause évangélique de la défense des pauvres. Ailleurs, un sécularisme agressif voudrait faire taire la voix des croyants dans le domaine public et bafoue l’immense contribution de l’Eglise à la vie publique. En conséquence, nous demandons aux fidèles qui oeuvrent dans la vie publique et aux personnes de bonnes volonté qui ont de l’influence sur l’opinion de se joindre à nous pour défendre l’Evangile de la Vie contre l’avortement et l’euthanasie. Nous leur demandons également de se placer à nos côtés pour combattre les préjugés anti-religieux et pour faire valoir la contribution de l’Eglise, comme celle des autres communautés de foi, au bien commun (…). «
Conséquence attendue de cette attitude : » Ce changement du coeur ne touchera pas seulement nos vies individuelles, elle influencera aussi notre société, et l’Eglise elle même, en commençant par nous, les pasteurs. Ainsi notre monde pourra transformer ses pas prudents et hésitants en course joyeuse avec Jésus vers la vie éternelle. Cette conversion changera la vie des riches et des pauvres, des puissants et des faibles, elle rappellera aux politiciens leur responsabilité en faveur du bien commun, elle provoquera les économistes à résoudre les inégalités matérielles de nos sociétés « .
Autre conséquence espérée : » la réponse à cet appel pressant rapprochera les Eglises locales du continent américain et se traduira dans une coopération plus grande entre les conférences épiscopales comme entre les Eglises catholiques de rites différents. Ce même désir de communion nous rapprochera de nos frères et soeurs chrétiens d’Amérique en vue de l’unité voulue par le Seigneur. (…) Cette recherche commune nous conduira de manière inédite, par les chemins de l’amur, à développer les liens de parenté qui nous unissent aux autres groupes de croyants particulièrement aux membres de la communauté Juive qui sont nos frères et soeurs aînés dans la foi. «
En conclusion, le texte observe à propos du message final du Synode: » Ce message appelle chacun de nous à travailler ensemble pour faire avancer le Royaume de Dieu au sein des nations d’Amérique ». (apic/imed/pr)
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