Liechtenstein: Obstacles juridiques à la création d’un archidiocèse de Vaduz ?
Vaduz, 11 décembre 1997 (APIC) Si le Parlement liechtensteinois se prononce la semaine prochaine contre l’érection par le Saint-Siège d’un archevêché de Vaduz et pour le maintien du Liechtenstein dans le diocèse de Coire, «Rome devra réexaminer sa décision et pour le moins la suspendre». Tel est en tout cas l’avis du juriste Herbert Wille, 53 ans, récemment encore président du Tribunal administratif de la Principauté.
Dans une interview accordée jeudi à l’agence APIC, H. Wille estime que la Principauté du Liechtenstein, en tant qu’Etat souverain, est en droit d’attendre qu’on l’on respecte aussi à son égard les usages diplomatiques. L’ancien président du Tribunal administratif affirme que l’érection d’un archevêché de Vaduz ne peut se faire sans la signature préalable d’un Concordat entre la Principauté et le Saint-Siège et sans l’accord du Landtag, le parlement liechtensteinois.
La situation de la Principauté est d’autant plus compliquée qu’il existe dans ce pays une imbrication très poussée de l’Eglise par rapport à l’Etat. Etant donné le caractère confessionnellement compact de la population liechtensteinoise, qui se reconnaît massivement dans l’Eglise catholique, il n’a pas été nécessaire dans l’histoire de créer des corporations ecclésiastiques indépendantes.
Pas de décision unilatérale de l’Eglise
Certes, admet Herbert Wille, on pourrait considérer comme dépassé une telle relation étroite entre l’Eglise et l’Etat, mais les autorités doivent pourtant, en ce qui concerne la création d’un archidiocèse, s’en tenir à l’ordre constitutionnel. «Cela signifie que sans la collaboration et l’accord du Landtag, il ne peut y avoir de création d’un archevêché de Vaduz dans la Principauté du Liechtenstein. Du point de vue de l’Etat, il n’y a pas d’érection unilatérale de la part de l’Eglise».
Le juriste de la Principauté considère d’autre part que l’intégration de l’Eglise liechtensteinoise dans le diocèse de Coire représente un gain pour la vie ecclésiale. Cela s’est vérifié dans le passé, de telle sorte qu’il n’y a aucune raison objective et résistant à l’examen justifiant une sortie du diocèse de Coire. «C’est seulement dans ce cadre qu’il est possible à l’Eglise de la Principauté de trouver la dimension religieuse et spirituelle nécessaire dont elle a besoin pour sa propre vie. Le contact avec d’autres Eglises cantonales est pour elle tout à fait vitale».
Le Landtag devrait se prononcer contre la création de l’archevêché de Vaduz
Herbert Wille pense que le Landtag se prononcera mercredi contre la création d’un archevêché de Vaduz et pour le maintien dans le diocèse de Coire. En ce qui concerne l’expertise demandée à deux juristes étrangers, il relève qu’il s’agit pour le gouvernement de Vaduz de se faire une idée claire de la question et d’avoir une opinion fondée dans cette délicate affaire. Même si la position officielle du Vatican, rappelée par la nonciature de Berne, est de dire que le Saint-Siège n’a pas cédé dans cette affaire aux pressions politiques, Herbert Wille rétorque que l’expérience montre au contraire que le Siège apostolique n’écoute que les politiques, pas le peuple de l’Eglise. (apic/job/be)
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