L’époque est favorable à une nouvelle évangélisation du continent

Rome: Cérémonie de clôture du Synode pour l’Amérique présidée par le pape

Rome, 12 décembre 1997 (APIC) Le pape Jean Paul II voit dans l’époque actuelle un moment «favorable» à la nouvelle évangélisation de tout le continent américain. Le pape s’’est adressé jeudi 11 décembre, en fin d’après-midi, aux 215 évêques réunis pour la conclusion du synode pour l’Amérique. Il a présidé vendredi matin, 12 décembre, en la basilique Saint-Pierre, la grande liturgie finale, concélébrée avec 41 cardinaux, 81 archevêques, 91 évêques, et 76 prêtres.

" Pendant ce Synode, a déclaré le pape dans son homélie de ce 12 décembre, nous avons entendu les voix des premiers évangélisateurs de l’Amérique, qui nous ont rappelé notre devoir d’être profondément convertis au Christ, source unique de communion authentique et de solidarité. Maintenant le temps est favorable à une nouvelle évangélisation, c’est une occasion providentielle pour conduire le peuple de Dieu en Amérique à franchir le seuil du troisième millénaire avec une espérance renouvelée «.

Le pape a évoqué les cinq siècles passés depuis la découverte du continent par les Européens et le début de sa première évangélisation. " Depuis lors, disait le pape, l’Eglise s’est enracinée dans les différentes cultures de cette terre; son visage a pris les traits des indigènes, comme le montre l’éloquente icône de la Vierge de Guadalupe «. La messe finale de vendredi faisait en effet mémoire de la Vierge de Guadalupe (une Vierge au visage indigène). Il a accueilli favorablement la demande des évêques de publier l’exhortation apostolique post-synodale lors d’un voyage à ce sanctuaire mexicain. Pour sa part, le cardinal Augusto Vargas Alzamora, archevêque de Lima (Pérou) a annoncé, comme témoignage de l’effort d’inculturation de l’Eglise en Amérique, la parution du missel romain dans la langue Aymara, langue indigène parlée au Pérou et en Bolivie.

Pour Jean Paul II, le Synode marque un nouveau départ pour la mission en Amérique parce qu’il constitue une nouvelle pentecôte. " La communauté chrétienne, dit-il, suivant le modèle de Marie, part encore sous l’impulsion de l’amour du Christ, afin d’accomplir la nouvelle évangélisation du continent américain. C’est le début d’une mission renouvelée, qui a trouvé dans l’Assemblée spéciale du Synode des évêques son " cénacle " et sa " pentecôte «, juste au début d’une année entièrement consacrée à l’Esprit Saint «.

La réconciliation authentique avec le Christ

Jean Paul II a encore rappeler l’état du monde. Un monde, dit-il, qui a " faim de vérité «, mais qui est aussi traversé par des " défis «. Pour les relever, le pape invite tout d’abord à recentrer l’action pastorale sur la rencontre avec le Christ. " Toute solution se fonde, dit-il, sur la conscience du devoir urgent de proclamer avec ardeur et avec courage Jésus-Christ, Rédempteur de l’homme et de tout l’homme. C’est seulement en puisant à cette source vive que l’on peut relever efficacement tous les défis «. C’est pourquoi le pape invite à une " réconciliation authentique avec le Christ «.

Mais il demande aussi une mobilisation de tous les fidèles, ordonnés ou laïcs, dans un même travail pastoral, en particulier des nouveaux mouvements ecclésiaux. " Pour la nouvelle évangélisation, a dit Jean Paul II, il est fondamental que se réalise concrètement la collaboration entre les différentes vocations, les différents ministères, les divers apostolats et charismes suscités par l’Esprit, que ce soient ceux des Instituts religieux traditionnels ou ceux que les nouveaux mouvements et associations de fidèles ont fait naître plus récemment «.

Le pape a cité les " courageuses dénonciations " des évêques tout au long du synode: de la pauvreté, du manque d’assistance en cas de maladie, de l’analphabétisme, de l’exploitation des personnes, de la violence, de la dépendance de la drogue, des pressions psychologiques, de la " méfiance " envers l’Eglise, des " campagnes anti-religieuses dans les media «, de l’influence " pernicieuse " de la permissivité, de la " fascination " pour la richesse facile, voire " illégale «.

Enfin, parmi les réponses que la Nouvelle évangélisation devra donner à ces défis, le pape s’est dit " frappé " par l’appel constant des évêques à la solidarité. Une solidarité que le pape demande d’exercer face à la globalisation des échanges économiques, à la dette extérieure des pays pauvres, face au chômage et à l’immigration.

Cadeaux

Lors de leur vingt-cinquième Congrégation générale, jeudi 11 décembre, les évêques ont en outre approuvé par un vote la liste finale des propositions qui doivent être remises au pape et servir de base à la rédaction de son exhortation apostolique post-synodale. Une rédaction qui demandera au moins un an.

A l’issue de cette dernière séance, pape a remis en cadeau aux Pères synodaux un anneau épiscopal en argent. Dû à l’artiste italien Floriano Bodini, l’anneau porte l’image du Christ-Bon Pasteur et l’emblème du pape Jean Paul II. Ce Synode, conclu lors de l’eucharistie finale de vendredi matin, s’est prolongé par un repas réunissant au Vatican les Pères synodaux autour du pape. (apic/imed/pr)

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