Ce jésuite reste un modèle pour notre temps

Fribourg: Clôture du Jubilé saint Pierre Canisius

Fribourg, 21 décembre 1997 (APIC) 400 ans après sa mort, jour pour jour, l’Eglise de Suisse et Fribourg se sont souvenus de Pierre Canisius. Un Office solennel a marqué dimanche en la cathédrale Saint-Nicolas l’anniversaire du décès de ce jésuite, héraut de la foi catholique au temps de la Réforme.

Pierre Canisius est un modèle du dialogue œcuménique et de l’engagement au service des jeunes par l’éducation, a rappelé dans l’homélie le Père Aloïs Baiker, provincial de la Compagnie de Jésus pour la Suisse.

Les autorités du canton et de la ville de Fribourg, celles de l’Université et du Collège Saint-Michel, héritage de Pierre Canisius, ainsi que de nombreux fidèles et des pèlerins venus de loin – en particulier une famille de Moscou, lointain descendant des Kanis allemands dont est issu celui qui sera déclaré docteur de l’Eglise – participaient à cet office. A la tribune, l’ensemble vocal de la cathédrale a chanté «une messe en l’honneur de saint Maurice».

De nombreux évêques présents

Mgr Amédée Grab, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, était entouré de Mgr Henri Salina, président de la Conférence des évêques suisses, de Mgr Jean-Claude Périsset, secrétaire adjoint du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens, de Mgr Norbert Brunner, évêque de Sion, de Mgr Pierre Mamie, évêque émérite du diocèse, des évêques auxiliaires Pierre Bürcher, Peter Henrici (Coire) et Gabriel Bullet , de l’Abbé d’Hauterive, du prévôt des chanoines du Grand-Saint-Bernard et des membres du Conseil épiscopal.

Dans un mot d’accueil, Mgr Grab a excusé Mgr Josef Rauber, ancien nonce apostolique qui était pressenti, il y a une année, pour présider cette célébration, puis son remplaçant, Mgr Oriano Quilici, retenu à Vaduz ce même dimanche, enfin le cardinal Schwery, retenu par la maladie. En rappelant que cette messe clôturait l’année jubilaire, il en a remémoré les grandes étapes: une messe au collège Saint-Michel le 27 avril, une importante exposition en septembre au Musée d’Art et d’Histoire de Fribourg, exposition venant en partie de Bavière et l’acte officiel de ce jubilé le 29 octobre à l’Université de Fribourg sans énumérer les nombreux pèlerinages venus se recueillir sur la tombe du saint. Et nos prières de ce jour accompagnent les Eglises particulières de Coire et de Vaduz», a dit Mgr Grab en ce dimanche qui vit la création officielle de l’archidiocèse de Vaduz au Liechtenstein.

En mentionnant les grandes étapes de la vie de Pierre Canisius, le Père Aloïs Baiker, a signalé dans son homélie l’immense activité de ce prêtre envoyé à Fribourg en 1580, à l’âge de 59 ans. A travers son oeuvre et surtout ses écrits, il nous reste le témoignage d’une foi profonde et vivante. Souffrant tout ce qui blessait l’Eglise, Pierre Canisius fut, en ces temps difficiles de la Réforme, un homme de paix. C’est ce qui a permis à Jean Paul II de le présenter récemment aux évêques suisses comme un modèle de dialogue œcuménique, On sait, par les écoles et les universités qu’il a fondées et qui rayonnent encore aujourd’hui, que Canisius développa l’éducation.

Un homme qui a refusé le fanatisme

Il le fit, estime le Père Baiker, à cause de son amour évangélique pour l’ensemble des hommes, en particulier des jeunes. A travers toute sa vie, on peut lire aussi une très grande persévérance, mais jamais marquée par le fanatisme. Il agit par le dialogue et refuse des mesures extrêmes que d’autres, en son temps, préconisaient. Ces qualités lui avaient valu l’estime de ses contemporains. Il reste un modèle pour notre temps, aussi difficile que le sien. Ce pédagogue écrivait à la fin de sa vie: «Personne ne peut tout comprendre tout de suite, mais patience et persévérance face aux questions apportent force et clarté», a dit en conclusion, le Père Baiker. (apic/yvan stern/ba)

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