L’engagement pour la justice au centre des débats

Europe : Les supérieurs des religieux et des religieuses en assemblée

Rome, 23 décembre 1997 (APIC) Une soixantaine de représentant(e)s des Instituts religieux d’Europe se sont retrouvés du 8 au 14 décembre à Rome pour réfléchir à l’engagement des religieux et religieuses pour la justice dans le monde. L’Assemblée générale de l’Union des Conférences Européennes des Supérieurs Majeurs (UCESM) a réuni les représentants d’une vingtaine de pays, du Portugal à la Roumanie et de l’Ecosse à Malte

Tous les participants ont été enchantés de ces contacts qui ont permis aux délégués de l’est et de l’ouest de mieux comprendre les points de vue respectifs. Ceux d’Europe occidentale y ont exprimé leur soutien renouvelé à leurs frères et soeurs de l’est, dont ils admirent la fidélité après la longue et difficile période communiste. Les religieux et religieuses d’Europe de l’est, qui ont été en bien des endroits empêchés d’accéder jusqu’il y a peu aux ouvertures du concile Vatican II, ont aussi manifesté leur ouverture au dialogue avec l’Ouest, tout en redisant aux Occidentaux : « Laissez-nous marcher à notre propre rythme ! »

Vie religieuse et justice

Au cours de leurs travaux, les participants ont exploré une triple question : comment « rendre justice » à Dieu, à la société et à la création ? Pour les hommes et les femmes engagées dans la vie religieuse, rendre justice à Dieu, c’est d’abord « se laisser aimer par Dieu », s’ouvrir à lui dans la contemplation et se reconnaître en vérité devant le Créateur. C’est aussi, dans le souffle du charisme inspiré par le fondateur ou la fondatrice de l’Institut religieux, savoir découvrir la présence de Dieu en l’autre, y compris dans l’autre qui ne partage pas la foi chrétienne. La vie religieuse est donc appelée à s’ouvrir au dialogue interreligieux, en même temps qu’elle est invitée à témoigner du caractère inséparable de ce double mouvement : rendre justice à Dieu / rendre justice à l’autre.

Quant à rendre justice à la société, le défi concerne de près l’évolution historique de la vie religieuse. Il peut pousser les membres d’une congrégation à de nouveaux modes de présence dans le monde. Ceux-ci ne perpétueront peut-être pas, par exemple, leur ancrage direct dans l’enseignement ou dans le milieu hospitalier, mais ils contribueront de manière inédite à promouvoir une nouvelle conscience et une nouvelle sensibilité à la dignité humaine dans les communautés religieuses et autour d’elles. Ainsi la récente rencontre a-t-elle été l’occasion de rappeler la vigilance que bien des Instituts religieux entendent cultiver quant à l’accueil des étrangers et des réfugiés.

Le troisième volet a été moins exploré, faute de temps. Mais une piste majeure a été esquissée pour « rendre justice à la création » : le respect du monde et de la culture dans l’esprit du charisme fondateur, afin que « justice et paix s’embrassent », comme le chante un des psaumes de la bible.

Un secrétariat permanent

A l’avenir, pour renforcer et développer la communication entre religieux et religieuses en Europe, l’assemblée de l’UCESM a décidé de créer un Secrétariat permanent à Bruxelles et d’accueillir un représentant de l’Est, le Franciscain hongrois Jakob Varnal, au sein du Bureau, qui comprend jusqu’ici : le Frère mariste Jacques Scholte (Pays-Bas), président ; Soeur Française Petit, Soeur de la Charité de Jésus et de Marie (Belgique), vice-présidente ; le Père Gérard Lachivert, missionnaire du Sacré-Coeur de Jésus (France). Quant au secrétariat permanent, il est confié à une religieuse française, Soeur Françoise Pecqueraux. (apic/cip/mp)

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