Afrique: Célébrations de Noël ternies par les conflits
Dakar, 25 décembre 1997 (APIC) Malgré un appel du gouvernement militaire invitant la population à célébrer normalement Noël, la fête de la nativité a été terne à Freetown, la capitale de la Sierra Leone. Célèbre pour ses airs de carnaval, le soir de Noël, la capitale sierra-leonaise n’a pas connu de fête cette année. La psychose de guerre et la peur du lendemain ont eu raison de la joie populaire.
Les rues étaient peu animées et la soirée a été calme dans les maisons, contrairement aux autres années où les choristes parcouraient les rues en chantant Noël. La Sierra Leone, petit pays anglophone d’Afrique occidentale, enclavé entre le Libéria et la Guinée, ne compte certes que 8% de chrétiens, mais la fête de Noël y est néanmoins très populaire.
Cette année, le principal souci de la population était de trouver du riz pour se nourrir. Car depuis le renversement du régime civil en mai dernier par une junte militaire, le pays est soumis à un embargo international L’armée nigériane qui s’est déployée sur les côtes sierra-leonaises depuis le coup d’état, impose un blocus aux navires transportant de la marchandise et divers autres produits, à l’exception de l’assistance humanitaire, pour contraindre les militaires à remettre le pouvoir au président renversé, M. Ahmed Tijan Kaba, élu démocratiquement en 1995.
A cela s’ajoute une psychose de la guerre. Les chasseurs traditionnels qui sont soutenus par l’armée nigériane, ont menacé de lancer une offensive imminente. Pour parer à toute éventualité, le gouvernement militaire a placé ses troupes en état d’alerte pendant les fêtes.
Couvre-feu suspendu en République Centrafricaine
La République Centrafricaine est un autre pays africain agité. En mai, puis en novembre 1996, le pays a connu deux mutineries militaires qui ont ébranlé la jeune démocratie instauree en 1994. Depuis, un couvre feu a été décrété à Bangui la capitale. A la faveur de la célébration de Noël et des fêtes du nouvel an, le gouvernement a suspendu le couvre-feu.
Aux Comores, pays islamique dans l’océan indien confronté depuis été dernier, a une vague de revendications séparatistes, le gouvernement a mis à profit Noël pour lever le blocus de l’île rebelle d’Anjouan. Cette mesure a permis de rétablir la libre circulation des personnes et des biens, ainsi que les communications avec l’île sécessionniste.
’’L’Afrique est en train de marcher dans les ténèbres’’ a relevé l’archevêque de Cotonou, Mgr Isidore de Souza, lors de la messe de minuit. Le prélat béninois a estimé que dans la plupart des situations de crises qui ont lieu en Afrique, les dirigeants et leurs opposants ont une part de responsabilité par leur ’’entêtement à vouloir rester éternellement ou à prendre le pouvoir à tout prix. Cette confrontation est ’’source de pleurs, de larmes, de maladies et de morts’’. (apic/ibc/mp)
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