« Se souvenir pour avancer »
Genève, 4 novembre 1997 (APIC) « Faire mémoire pour ne pas oublier. L’exercice n’a rien d’un repli timide sur les souvenirs du temps passé ». Ce commentaire de Pierre Emonet, dans son éditorial, évoque le thème principal du numéro de novembre de la revue « Choisir ». Pour le Père jésuite, faire mémoire c’est d’abord une prise de conscience de la fidélité de Dieu. Cela signifie aussi progrès et stagnation. Il s’agit de scruter le passé pour en retenir ce qui est révélateur de la vie.
L’affaire des fonds juifs en Suisse démontre la difficulté de l’entreprise. Mémoire et histoire se confrontent souvent en un duel entre subjectivité et objectivité. Aussi le public attend beaucoup des historiens. « Les contemporains s’aperçoivent à quel point le présent semble tout entier contenu dans le passé et espèrent dans la foulée un futur un peu moins imprévisible », déclare dans le même numéro, François Walter, professeur d’histoire nationale àà l’Université de Genève. Est-ce réaliste, lorsqu’on sait que la maîtrise de l’histoire constitue un enjeu politique essentiel?
Sous la rubrique « Spiritualité », le Père Raymond Bréchet, estime que faire mémoire c’est aussi un acte de fidélité envers les défunts comme nous y engage la fête de la Toussaint. Il développe ce thème en examinant trois aspects de la question de la mort: le sort de ceux qui nous ont quittés, selon l’Ecriture et la foi de l’Eglise; la façon dont nous pouvons leur être unis, la vraie et la fausse; les secours que l’Eglise nous offre en leur faveur.
Partant des Journées mondiales de la Jeunesse, en août dernier à Paris, et d’une enquête sur les croyances des jeunes en Europe, le Père Albert Longchamp montre que pour ces derniers la religion est une expérience intime avant d’être identification à une structure, « mais que cet individualise n’exclut pas une aspiration à l’universel ».
Cette évolution est positive, défend de son côté le Belge Stefan Vanistendael, secrééaire général adjoint du Bureau international catholique de l’enfance. Les Eglises sont ainsi forcées d’explorer, estime-t-il, une spiritualité proche des grands mystiques. Et d’inviter le lecteur à la découverte des Pays-Bas, un pays où les Eglises ont entrepris cette recherche avec une intensité particulière.
L’avenir des assurances sociales en Suisse
« Choisir » se penche aussi sur l’avenir de nos assurances sociales. Yves Flückiger, professeur d’économie politique à l’Université de Genève, préconise la recherche d’autres sources de financement, entre autres, une plus forte taxation du capital, au profit des entreprises créatrices d’emplois.
Dominique Haenni, dans sa chronique « A chaud », évoque « L’affaire Papon », tandis que le dominicain Guy.Th. Bedouelle nous parle de deux films importants; « Voyage au début du monde » du Portugais Manoel de Oliverira, et « Le goût de la cerise » de l’Iranien Abbas Kiarostami, Palme d’or au dernier Festival de Cannes.
On retrouve toujours, aux dernièrs pages de la revue, avec une joie mêlée de curiosité, les lignes de Georges Haldas. L’écrivain et le poète, sous le titre « Cérémonial du matin » décrit avec justesse et philosophie des choses aussi banales qu’un pentalon, un veston ou des souliers. Ces derniers lui font penser immédiatement à ceux de Chaplin ou à ceux peints par Van Gogh: « A peine allumée la lampe de chevet, mon premier regard va vers cet amas informe de mes vêtements et sous-vêtements, ces étranges compagnons, qui vus ainsi paraissent nous attendre et nous guetter ». Un vrai régal d’écriture. (apic/com/ba)
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