Le cardinal Martini écrit un livre sur Thérèse de Lisieux

«Thérèse et le drame de l’incrédulité»

Fribourg, 4 novembre 1997 (APIC) Les ouvrages et les articles sur sainte Thérèse de Lisieux se multiplient en cette année 1997, centième anniversaire de sa mort. Le cardinal Carlo Maria Martini, archevêque de Milan, a été à son tour séduit par la vie de la «petite Thérèse». Dans son livre, il décrit cependant la carmélite sous un angle particulier: celui de «son épreuve de la nuit de la foi». Un aspect que l’auteur met en rapport avec «l’épreuve de l’incrédulité» dans le monde contemporain. Mgr Pierre Mamie, ancien évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, a écrit la préface du nouveau livre du cardinal Martini.

L’ouvrage de l’archevêque de Milan, intitulé «Thérèse et le drame de l’incrédulité», paru fin octobre aux éditions Saint-Augustin à Fribourg, rassemble cinq conférences du cardinal Martini données à Lisieux (du 4 au 6 février 1997) et à Reggio Emilia (13 février 1997). Outre la préface de Mgr Mamie, on y trouve également une introduction de Mgr Guy Gaucher, évêque auxiliaire de Bayeux-Lisieux et une postface du théologien orthodoxe Olivier Clément, professeur à l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge à Paris.

Pour l’archevêque de Milan, la jeune carmélite de Lisieux entrait, il y a aujourd’hui 100 ans, dans la «nuit de l’espérance de notre temps». Elle le faisait pleinement, douloureusement, atrocement, comme en prélude et symbolisait «la nuit de la foi où est en train de sombrer le monde occidental» (p.91)

Plus loin, le cardinal Martini précise les attributs de cette «nuit de la foi» du monde occidental: «En fait notre époque ne connaît pas une épreuve de la foi – l’épreuve de celui qui croit – mais elle connaît l’épreuve de «la vie sans foi», d’une absence de foi, d’un manque de foi. Il ne s’agit donc pas d’un temps de purification progressive, propre à celui qui s’achemine vers le Mont Carmel. Il s’agit, au contraire, d’une descente progressive vers les enfers de l’absence de Dieu. Disons même, de façon plus banale, que notre temps ne vit pas une situation d’athéisme – peu nombreux aujourd’hui sont ceux qui se déclarent athées – mais notre temps vit une totale confusion en ce qui regarde la foi. Il vit dans l’indifférence, la tiédeur, l’incapacité de croire.

En revanche, poursuit le cardinal, «on peut tenter de définir notre temps à l’aide des catégories employées par Thérèse de Lisieux: «tunnel obscur», «tables des pécheurs et des incroyants», insistant non pas sur l’aspect de purification comme si la crise de la foi était une ascèse mystique, mais sur l’aspect de «compassion» de celui qui croit, à l’égard de l’incroyant» (pp.93-94) (apic/com/ba)

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