Inde: Inquiétude pour les prêtres dans l’Etat du Bihar
New Delhi, 9 novembre 1997 (APIC) Ces dernières années, trois prêtres et un séminariste ont été assassinés et plusieurs catholiques blessés dans des attaques dans l’Etat du Bihar, en Inde. Récemment, on a retrouvé le corps décapité d’un jésuite, alors que l’agence catholique asiatique UCA signalait un autre cas, celui du Père Christudas, prêtre du diocèse de Dumka, accusé d’abus sexuel sur un étudiant.
Des milieux d’Eglise de l’Etat de Bihar s’inquiètent pour ce prêtre, qui a été accusé par quelques étudiants d’avoir abusé sexuellement de l’un d’entre eux. Il a été contraint par eux de s’exhiber tout nu dans les rues de la ville. C’est alors que la police l’a arrêté et mis en prison. Le juge à qui a été confié le dossier a repoussé à plusieurs reprises sa demande de mise en liberté provisoire. A noter que le jésuite retrouvé récemment décapité avait lui aussi été pourchassé nu dans les rues de la ville de Dumka avant d’être arrêté sous prétexte d’abus sexuels sur un jeune homme.
Le père Christudas a déposé contre ses agresseurs une plainte qui n’a pas eu de suite. Selon le père George Kerketta, administrateur du diocèse, la détention du père Christudas est arbitraire et délibérée. Nombre de chrétiens pensent que la police est de connivence avec des fondamentalistes hindous qui cherchent à ternir l’image des chrétiens dans cette région où les missionnaires s’attachent à promouvoir l’éducation et la santé des tribus indigènes.
Cet incident est survenu alors que le diocèse de Dumka préparait, sous la conduite du père Christudas, l’ordination épiscopale de Mgr Julius Marandi, le premier évêque appartenant à l’ethnie des Santal. Ceux-ci forment la majorité des chrétiens de ce diocèse.
Après l’ordination, un chef de la tribu des Santal, M. Dubraj Tudur, un non-chrétien, invité d’honneur à la réception, a condamné l’appel de sa tribu à «l’excommunication» du père Christudas et de trois autres prêtres qui avaient pris sa défense.
Cette sentence d’excommunication peut même comporter des violences physiques et la destruction des biens personnels. Dubraj Tudur, qui loue le travail des missionnaires, déclare avoir été nommé président du comité d’excommunication sans son accord et dénonce une sentence prononcée «par des gens qui n’ont pas compris l’acception santal du mot excommunication». «Moi vivant, elle ne sera pas appliquée», a-t-il ajouté. Mgr Alphonsus D’Souza, évêque de Raiganj, qui a rendu visite en prison au père Christudas, a fait savoir qu’il avait trouvé celui-ci «très équilibré au plan spirituel» et qu’il avait tenu des propos encourageants. (apic/cip/ucan/pr)
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