Lausanne: André Chouraqui fait salle comble au Palais de Beaulieu

«Nous devons tous sortir de nos ghettos»

Lausanne, 10 novembre 1997 (APIC) André Chouraqui, le célèbre traducteur de la Bible hébraïque, du Nouveau Testament et du Coran, déplaçant 1’500 personnes dimanche au Palais de Beaulieu à Lausanne, exhorte les juifs, les musulmans et les chrétiens de sortir de leurs ghettos confessionnels.

Thème de sa conférence à Lausanne: «Juifs et chrétiens, une mémoire pour l’avenir». Le jour choisi, un 9 novembre, rappelait un autre 9 novembre, celui de 1938, qui évoque la «Nuit de Cristal» où les nazis en Allemagne et en Autriche, déclenchaient une persécution violente contre les juifs.

André Chouraqui, dans son exposé, a souvent fait appel à la mémoire. En rappelant notamment l’importance de la Conférence de Seelisberg (1947), dont on fête cette année le 50e anniversaire. La Conférence de Seelisberg posa, après la Deuxième guerre mondiale, les premiers jalons du dialogue entre juifs et chrétiens. L’orateur a précisé également le rôle de l’Amitié judéo-chrétienne, en se référant aussi à la déclaration conciliaire «Nostra Aetate». Il a clairement démontré que l’on ne pouvait comprendre les difficultés rencontrées pour le rapprochement des héritiers d’Abraham, «qu’en considérant l’histoire des religions nées des fécondités de la Bible».

Pour André Chouraqui en effet, si la Torah est le livre de l’Alliance pour les juifs, si le Nouveau Testament est la charte de la nouvelle alliance pour les chrétiens et si, pour le Coran, Mahomet a eu pour principal but de réaliser l’alliance annoncée par Moïse et par Jésus, cela signifie que «cette alliance annonce la réconciliation universelle de l’humanité et des peuples avec cette divinité créatrice des cieux et de la terre, qui n’a ni forme, ni histoire, étant l’Etre de l’être universellement». Il est donc nécessaire de mettre fin définitivement aux conflits, nés des oppositions historiques du judaïsme, du christianisme et de l’islam. «Nous devons, tous ensemble, abattre les frontièères hostiles qui nous ont séparés alors que nos religions adorent la même divinité, honorent les mêmes prophètes, et ont le même but de réconcilier, dans l’histoire, l’humanité entière», a-t-il confié. Et de lancer à l’assemblée, sous un tonnerre d’applaudissements: «Nous devons tous sortir de nos ghettos»!

Le troisième millénaire

André Chouraqui a conclu son exposé par un souhait rempli d’espérance. Selon lui, la réconciliation autour de Jérusalem, d’Israël, des Eglises du Christ et des confessions nées des fécondités du Coran, ouvrirait un bel avenir au troisième millénaire… «pour autant que celui-ci réalise une société pacifiée dans l’amour, plutôt qu’en oeuvrant au triomphe d’une religion, d’une nation ou d’une philosophie sur les autres». Dans ce sens, il demeure persuadé que le partage universel des connaissances actuelles ne pourra avoir lieu sans la reconnaissance d’une nouvelle tolérance fondée sur des théologies accueillantes et fraternelles dans la complémentarité des unes et des aures. (apic/jcz/ba)

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