France: Assemblée plénière des évêques

«Formons les chrétiens tentés par le repli sécuritaire»

Paris, 12 novembre 1997 (APIC) Les évêques français souhaitent améliorer leur communication. A travers la pastorale des migrants, ils veulent aussi centrer leurs efforts de formation sur les chrétiens tentés par le repli sécuritaire. Mgr Jacques David, évêque d’Evreux, et le Père Olivier de la Brosse, respectivement vice-président et porte-parole de la Conférence des évêques de France, l’ont déclaré mardi en présentant à la presse les travaux de l’Assemblée plénière qui vient de s’achever à Lourdes.

Au sujet des séminaires, Mgr Georges Gilson, président de la Commission épiscopale des ministères ordonnés, souligne que les débats de Lourdes «ont revêtu une réelle gravité car «la crise du clergé demeure». Des vocations existent mais elle ne mûrissent pas. Or l’avenir de la participation des laïcs, du témoignage des religieux et de l’accueil des diacres, dépend aujourd’hui de notre capacité de «faire des prêtres».

Les deux nouveaux textes (»Ratios») adoptés à la quasi-unanimité des évêques ont pour ambition que l’unité dans la formation des futurs prêtres soit manifestée et imposée. Et Mgr Gilson de laisser entendre que si canoniquement il n’était pas possible d’imposer cette unité aux séminaires non diocésains ou interdiocésains, elle s’imposerait du moins moralement aux autres séminaires, relevant la plupart des communautés nouvelles. Les «Ratios» soulignent l’effort pour la formation philosophique (480 heures en six ans), la place centrale de l’Ecriture Sainte dès la première année et l’importance de l’insertion pastorale comme lieu formateur. Reste à travailler sur la pastorale de la vocation au ministère presbytéral diocésain.

Pastorale des migrants

Autre dossier d’importance: la pastorale des migrants. «Il s’agit pour nous de moins centrer désormais notre action sur l’accueil des étrangers que sur la formation de chrétiens guettés par la tentation du repli à l’accueil de ces étrangers», a expliqué en substance le Père Jean-François Berjonneau, secrétaire au Comité épiscopal des migrations. Sous sa seule responsabilité – les évêques n’ont pas voulu engager la Conférence épiscopale sans que l’on sache bien pourquoi – le Comité épiscopal des migrations a rédigé un texte nommé initialement: «Appelés à vivre ensemble» et qui s’intitule désormais: «A la rencontre de l’autre. L’immigration: un rendez-vous pour la foi».

Ce document de travail met en exergue des «actes de rencontre». Des monographies racontent comment des chrétiens élaborent les conditions d’une convivialité durable avec les communautés étrangères. Il questionne ensuite le sens de cette rencontre de l’altérité à la lumière de l’Ecriture et de l’expérience du Christ. Puis il pose des jalons pour des conditions de la rencontre. Le document laisse entendre que la législation française sur les immigrés, en l’état, ne favorise pas suffisamment cette rencontre. Ce document rappelle enfin trois principes fondamentaux: le respect essentiel dû à toute personne humaine, la promotion du bien commun et l’ouverture d’un débat clair et constructif au sein de la société française. Une manière de redire: «Confiance, n’ayez pas peur» à des troupes sensibles au discours sécuritaire souvent en décalage – comme l’illustrent les réactions peu enthousiastes de la Déclaration de repentance des évêques à Drancy – avec leur hiérarchie.

Sur le dossier de la communication, le Père dominicain Olivier de la Brosse s’est fait l’écho du désir des évêques de mettre en place une réflexion au plan théologique et pastoral sur la communication. Les évêques veulent aussi une meilleure formation des «communicants» dans l’Eglise en améliorant par exemple les relations avec les journalistes. En réponse à une question, le Père de la Brosse a indiqué que le Comité épiscopal pour l’information et la communication (COPIC) étudierait, entre autres dossiers, les projets d’une télévision catholique, parmi lesquels figure le projet «Eurema». Des groupes financiers et de presse travaillent à Paris sur ces projets.

Continuer d’envoyer des prêtres «Fidei-Donum»

Le Père Emmanuel Lafont, secrétaire du Comité épiscopal pour la Coopération missionnaire, a fait de son côté une brève intervention pour rappeler que les évêques ont demandé à ce service d’amplifier ses efforts afin de faire mieux comprendre aux chrétiens de France l’enjeu pour leur Eglise à rester missionnaire. Notamment en continuant d’envoyer outre-mer des prêtres «Fidei Donum», malgré le manque de prêtres dans les diocèses français. (apic/jcn/ba)

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