Braine-l’Alleud : Centres de Préparation au Mariage

Au défi de faire redécouvrir un véritable « ministère »

Braine-l’Alleud/Belgique, 14 novembre 1997 (APIC) La journée annuelle des Centres de Préparation au Mariage (CPM) des diocèses belges francophones a rassemblé en début de semaine à Braine-l’Alleud une centaine d’animateurs, prêtres et laïcs. La rencontre était axée sur les perspectives du mariage en cette fin de siècle.

« Fin de siècle… Fin de civilisation ? » « Les trois zéros de l’an 2000 rendent les gens fous », a observé d’emblée le conférencier du jour, Père Michel Legrain, théologien français et ancien aumônier de la Fédération internationale des Centres de Préparation au Mariage. Or, ajoute-t-il, « il n’y a pas plus de chances de voir la civilisation changer en l’an 2000 que de voir sa voiture tomber en panne quand le compteur passe au millier de kilomètres suivant ».

Le mariage change

Plutôt que de prédire l’avenir, Michel Legrain préfère examiner le présent. Or actuellement, comme d’autres institutions, le mariage a mauvaise presse auprès d’une partie de la population. Pourtant, précise le conférencier, il est nécessaire que la constitution d’un couple soit réglementée par la société. Comme institution, le mariage a donc un avenir, même si ses règles continueront d’évoluer.

Ces règles varient, du reste, d’une époque et d’une civilisation à l’autre. Aujourd’hui, dans les sociétés occidentales, lorsque des personnes se marient, c’est parce qu’elles s’aiment. Anciennement, on s’aimait (ou on devait s’aimer)… parce qu’on était marié. Le mariage était d’abord un arrangement entre familles, où les considérations économiques et le souci du patrimoine avaient une part prépondérante.

Même l’Eglise, note le théologien, a évolué dans sa manière de voir le mariage. Le droit canon de 1917 faisait de la procréation la fin première du mariage. Le nouveau droit canonique de 1983 a intégré les apports du Concile Vatican II qui, vingt ans plus tôt, a d’abord défini le mariage comme une profonde communauté d’amour. Il n’est d’ailleurs plus question, selon Michel Legrain, de définir une hiérarchie dans les fins du mariage.

Déplacement de valeurs

C’est dans un « déplacement des valeurs » au sein de la société que le Père Legrain voit la cause majeure des changements dans la manière d’envisager et de vivre le mariage. C’est vrai pour la fidélité. Anciennement, la fidélité envers le partenaire se pensait en termes de fidélité à l’institution matrimoniale plutôt qu’en termes de fidélité à la personne. Actuellement, l’individu et sa liberté constituent une référence phare dans la culture. La fidélité se pense dès lors davantage en fonction des droits des individus… avec le risque de penser plus à ses droits à soi qu’aux droits de l’autre. Dans cette optique, en tout cas, on voit mal comment la fidélité dépendrait d’une vigueur accrue des normes institutionnelles. Elle reposera de plus en plus sur l’engagement volontaire de chacun : ce qui en marquera la force et la fragilité.

L’entrée dans le mariage se modifie également. Jadis, la célébration du mariage inaugurait de manière tranchée la vie matrimoniale du couple. Aujourd’hui, beaucoup entrent dans le mariage par « paliers » successifs, note encore M. Legrain, qui se refuse toutefois à disqualifier cette évolution en lui collant une étiquette péjorative. (apic/cip/pr)

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