Fribourg: Instruction vaticane sur la collaboration des laïcs au ministère des prêtres
Fribourg, 14 novembre 1997 (APIC) L’instruction du Vatican sur la collaboration des laïcs au ministère des prêtres parue le 13 novembre, n’offre aucune inspiration pour la pratique pastorale quotidienne mais ne fait que montrer des barrières qui ne vont pas changer grand chose, déplore Leo Karrer, professeur de théologie pastorale et doyen de la Faculté de théologie de l’Université de Fribourg.
L’instruction rassemble toutes les choses sur lesquelles le Vatican lance depuis longtemps des avertissements. On trouve au centre le souci de la perte de l’identité du sacerdoce et les nouveaux services pastoraux Pour Leo Karrer ce document est malheureusement un papier de plus qui veut tout régler de manière centralisatrice, sans prendre en considération le niveau de l’agir.
Qu’il y ait des problèmes n’est pas à discuter. N’émiette-t-on pas tout le système ecclésial quand sous la pression du manque de prêtres, chacun joue chez soi au pape et à l’empereur? interroge le professeur Karrer La sacramentalité de l’Eglise et son unité dans son essence même sont ainsi mises en danger. Dans la pratique des sacrements, et notamment en Suisse, il y a une «croissance sauvage» et des «retours à l’état sauvage» dans lesquels les gens ne se rendent pas compte de ce qui peut être perdu. Mais ce n’est pas avec ce document que l’on va régler les problèmes et les questions autour de l’identité du sacerdoce et des nouveaux agents pastoraux. Rien ne transparaît dans le texte de l’engagement multiple et de la réalité des soucis des personnes engagées en pastorale, déplore Leo Karrer.
On tente de l’extérieur de régler des problèmes à travers une casuistique presque tordue que seule une personne qui n’agit pas et n’est pas confrontée à la pratique peut manier facilement. On n’argumente pas du tout, mais on applique à des cas particuliers des directives alambiquées tirées du droit et de la tradition de l’Eglise. Je suis triste de voir qu’une fois encore on croit qu’il suffit seulement de renforcer l’image traditionnelle de l’Eglise et du prêtre pour tout sauver.
Jusque dans sa formulation, le texte donne l’impression de méfiance, de peur des laïcs. On crée ainsi le sentiment qu’il s’agit de nouveau d’une affaire de pouvoir sans que l’on regarde l’ensemble d’une Eglise mystique et aimant l’humanité.
L’instruction n’offre aucune aide pour les vrais problèmes pastoraux . Je crains que dans la situation polarisée de l’Eglise en Suisse elle ne serve de munitions aux opposants à toute réforme dans l’Eglise. Ce qui rendra à nouveau plus difficile le travail des gens engagés en pastorale. J’espère que cette instruction ne renforcera pas le ras-le-bol face à l’Eglise et n’aggrave pas la guerre de tranchés dans l’Eglise.
Ce papier ne doit pas nous décourager à la base de faire ce qui est possible au plan théologique et responsable au plan pastoral. Rouspéter maintenant à tort et à travers serait une réaction infantile. Car la décision pour l’avenir de l’Eglise se trouve là où nous pouvons agir et non pas chez ceux qui développent une casuistique et ont le sentiment qu’ils ne doivent pas agir eux-mêmes, conclut le professeur Karrer. (apic/job/mp)
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