De la mort à la résurrection du Guatemala

B Conférence de presse de Mgr Julio Cabrera Ovalle

Berne, 14 novembre 1997 (APIC) «Mes onze années d’évêque sont les plus heureuses de ma vie. Je me suis identifié au peuple du Guatemala dans sa passion et sa résurrection», a témoigné vendredi à Berne Mgr Julio Cabrera Ovalle. A la veille de recevoir le doctorat honoris causa de l’Université de Fribourg, l’évêque de Santa Cruz del Quiché a rappelé la longue marche du peuple guatémaltèque pour la paix.

Les accords de paix signé au Guatemala en décembre 1996 après dix ans de négociations sont le projet d’une nouvelle nation, basée sur le respect des droits de l’homme, la participation des indigènes et la primauté de la société civile sur les forces militaires. Les accords de paix ne sont pas limités aux questions «opérationnelles» de désarmement et à la réintégration des militaires mais ont cherché à s’attaquer aux causes du conflit, relève Mgr Cabrera. Le Guatemala a trop souffert de l’exclusion des indigènes et de l’accaparement des richesses par une petite élite.

L’Eglise catholique du pays, avec le soutien de l’Action de Carême et de Caritas Suisse, s’est entièrement impliquée dans ce processus de paix à tous les niveaux: Celui de la négociation officielle, celui de la médiation avec les groupes de réfugiés et de déplacés et celui du soutien aux mouvements populaires de défense des citoyens. «Il était essentiel que le peuple, et en particulier les indigènes, soit partie prenante du processus», souligne Mgr Cabrera.

La pastorale de la réconciliation est une seconde priorité de l’Eglise. Elle s’est mise en route pour faire oeuvre de mémoire. Ce travail de vérité était indispensable pour permettre aux victimes et parfois aux coupables d’exprimer leur souffrance. Plus de 2’600 témoignages ont été ainsi récoltés. La mission de l’Eglise est de prêcher le pardon, mais sans vérité reconnue le pardon n’est pas possible.

Ce travail ne pourra malheureusement pas déboucher sur des actions en justice pour crimes de guerre ou pour crimes contre l’humanité, car les accords de paix excluent explicitement de telle procédures, admet Mgr Cabrera. Cette démarche est surtout un appel à la conscience morale pour éviter que de tels actes ne se reproduisent. (apic/mp)

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