Rome: Ouverture du Synode pour l’Amérique

Jean-Paul II: « Considérer le continent de l’Alaska à Terre-de-Feu »

Rome, 16 novembre 1997 (APIC) Jean Paul II a présidé dimanche matin en la basilique Saint-Pierre la cérémonie solennelle d’ouverture de l’Assemblée spéciale du Synode des évêques pour l’Amérique, qui se tiendra jusqu’au 12 décembre dans la Salle du Synode au Vatican. Thème de cette assemblée: « La rencontre avec Jésus Christ vivant: chemin pour la conversion, la communion et la solidarité en Amérique ».

41 cardinaux, 81 archevêques, 98 évêques et 76 prêtres étaient présents dans la basilique Saint-Pierre.

L’enjeu du Synode est double, a rappelé le pape dimanche dans son message. Dans l’optique de la nouvelle évangélisation, il s’agit d’accroître la coopération entre les Eglises particulières au niveau pastoral et affronter les questions de justice et de solidarité à travers le continent. C’est pourquoi il importe de considérer le continent dans son ensemble, de l’Alaska à la Terre-de-Feu, sans séparer le Nord du Centre et du Sud, un continent évangélisé il y a plus de cinq cents ans.

Le pape est revenu à plusieurs reprises sur cette unité, soulignant à chaque fois aussi l’importance de prendre aussi en considération l’identité culturelle de chaque région. Il a donc mis en garde contre le risque d’opposer les pays entre eux. « Il est opportun, au contraire, de rechercher les raisons profondes de cette vision unitaire, tout en faisant appel aux communes traditions religieuses et chrétiennes », a-t-il insisté.

Inégalités entre le sud et le nord du continent américain

Jean Paul II a remarqué aussi les inégalités entre les régions: l’Amérique du Nord a atteint « un niveau plus élevé, surtout en ce qui concerne les capacités technologiques, le bien-être économique et le développement des institutions démocratiques ». Aux Pères synodaux de relire l’histoire de ces régions: « Face à ces phénomènes, on ne peut pas se passer de s’interroger sur les causes historiques qui ont engendré de telles différences sociales », a-t-il déclaré.

Dans quelle mesure sont-elles enracinées dans l’histoire des cinq derniers siècles ? Jusqu’à quel point sont-elles influencées par l’héritage laissé par la colonisation ? Et encore, quelle est l’influence exercée par l’évangélisation ? » La perspective est aussi celle du Jubilé 2000: « Nous nous pencherons sur le passé et, avant tout, le présent du continent américain. Nous chercherons à percevoir, dans chacune de ces régions, les signes de la présence salvatrice du Christ, de sa Parole et de son sacrifice, afin que toute notre énergie soit au service de la conversion et de l’évangélisation ».

Déjà en 1992 à Saint-Domingue

Cette perspective, Jean-Paul II l’a tracée dès 1992, à la 4e Conférence générale de l’épiscopat latino-américain à Saint-Domingue, où il demandait aux catholiques d’intensifier l’engagement missionnaire, dans une vision qui dépasse les frontières. Et il envisageait la convocation d’un synode pour « accroître la coopération entre les différentes Eglises particulières dans les divers domaines pastoraux ».

Le pape ne séparait cette vision pastorale pas de l’engagement social. Il souhaitait, dès 1992, que l’assemblée affronte également « les problèmes relatifs à la justice et à la solidarité entre toutes les nations d’Amérique, dans l’optique de la Nouvelle évangélisation et comme expression de la communion épiscopale ». Il s’agit maintenant de « concrétiser ces résolutions de charité pastorale ».

En s’adressant aux fidèles rassemblés place Saint-Pierre pour l’angélus, le pape a eu le souci d’expliquer l’objectif de cette assemblée spéciale: « diffuser toujours plus le message évangélique, afin que le Christ soit connu et accueilli partout comme le vrai Rédempteur de l’Homme. (apic/cip/imed/ba)

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