Bruxelles: Le Conseil interdiocésain des laïcs réfléchit aux causes des émeutes
Bruxelles, 16 novembre 1997 (APIC) Une semaine après les émeutes qui ont suivi à Bruxelles la mort du jeune Saïd C., suspecté de trafic de drogue et abattu par les gendarmes sur lesquels il fonçait avec son véhicule, le Conseil Interdiocésain des Laïcs (CIL), organe majeur de concertation des catholiques de Wallonie et de Bruxelles, estime que ces faits troublants révèlent «le mal-être global d’une grande partie de la population, particulièrement jeune, face à un horizon d’avenir bouché».
«Les violences de ce week-end ne sont qu’une réponse aux violences sociales et économiques de notre société. Elles nécessitent une réflexion en profondeur sur leurs causes et la mise en place de solutions structurelles à long terme qui soient davantage axées sur la prévention», ajoute le communiqué du CIL.
Le Comité de politique générale du CIL, au lendemain de sa réunion du 12 novembre, a tenu à réagir «à la manière dont les pouvoirs publics ont géré les récents événements bruxellois consécutifs à la mort d’un présumé revendeur de drogue à Anderlecht».
Le ministre de l’Intérieur, Johan Vande Lanotte. avait fait savoir dès le lendemain des faits que «les trafiquants de drogue qui essaient de regagner du terrain en organisant une ’guérilla avec la police’ devaient s’attendre à une réaction plus dure des forces de l’ordre. De son côté, le ministre-président de la Région de Bruxelles-Capitale, Charles Picqué, sans présumer de l’issue de l’enquête sur les récentes violences, demandait que l’on ne fasse pas «un héros» du jeune de 24 ans qui a trouvé la mort, ce qui reviendrait à traiter simplement les délinquants en victimes et les forces de l’ordre en fauteurs de troubles.
L’ordre n’est pas tout
Par la voix de son Comité, le Conseil interdiocésain des laïcs exprime son soutien aux pouvoirs publics «dans leur souci d’assurer la sécurité des habitants» et même, insiste le CIL, de tous les habitants. Mais le Comité tient à attirer l’attention «sur le danger de l’amalgame» et veut stigmatiser l’attitude moralement inacceptable-même si elle est électoralement rentable-de certains responsables politiques. Le devoir de l’ensemble des mandataires publics, estime-t-il, «est de tout faire pour qu’aucune de nos communautés culturelles ne se sente agressée en bloc par une politique essentiellement sécuritaire».
Le maintien de l’ordre est loin d’être la seule mission des responsables politiques, insiste le CIL. Il leur faut bien davantage organiser la société de façon telle que tous les habitants puissent y avoir un avenir. Aux yeux des représentants des laïcs catholiques, cela exige une analyse et un travail sur les causes plutôt qu’uniquement sur les conséquences des déséquilibres sociaux». Le CIL souhaite donc qu’il soit répondu rapidement et avec efficacité aux problèmes de logement, de formation et de loisirs ainsi qu’à ceux de la culture et de l’intégration politique.t Le CIL réaffirme enfin son soutien à l’action de toutes les personnes qui, sur le terrain, «oeuvrent tous les jours à l’éducation des jeunes, en leur faisant confiance et en les considérant comme les acteurs valables de la société. Il faut tout faire pour que les jeunes, quelque soit leur origine, retrouvent foi en l’avenir, conclut le CIL. (apic/cip/ba)
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