Moscou: Recherches scientifiques au sujet du dernier tsar de Russie sur le point d’aboutir
Moscou, 16 novembre 1997 (APIC) Il se pourrait que les restes du dernier tsar de Russie, Nicolas II, et de sa famille, assassinés par les Bolcheviks le 17 juillet 1918, soient enterrés l’an prochain. Une commission gouvernementale a déclaré en effet la semaine dernière que les recherches effectuées sur les ossements des victimes devraient être terminées d’ici janvier.
Il reste encore de nombreux points à régler avant que les ossements des Romanov puissent être enterrés. La situation est encore compliquée par le débat provoqué au sein de l’Eglise orthodoxe russe sur la possibilité d’une canonisation des membres de la famille impériale.
Le premier ministre adjoint, Boris Nemtsov, a déclaré cette semaine qu’il appartiendra au président Boris Eltsine, de décider « du lieu, de la date et des procédures des funérailles ». Plusieurs villes sont déjà sur les rangs: Saint-Pétersbourg, Moscou et la ville de Lekaterinbourg où ont été retrouvés les ossements.
Les recherches, freinées pendant deux ans, ont redémarré avec vigueur après la nomination de Boris Nemtsov à la présidence de la commission chargée d’établir l’authenticité des ossements, découverts en 1991, et de faire des recommandations sur la façon de procéder.
Il y a deux ans, des experts russes, américains et britanniques ont terminé un examen médico-légal, basé sur des tests d’ADN. Après avoir lu la semaine dernière le rapport du Dr Pavel Ivanov, qui dirige l’expertise génétique, Boris Nemtsov s’est déclaré pratiquement certain que les restes étaient authentiques. « Un test moins important reste encore à faire, qui devrait prendre deux mois, pour que l’identification soit totalement sûre », a-t-il ajouté. La commission doit encore répondre à10 questions posées par le synode de l’Eglise orthodoxe russe en 1995, entre autres sur le lieu où se trouvent les ossements d’Alexis, héritier de Nicolas II
Canonisation possible, mais pas avant l’an 2000
Si l’Eglise orthodoxe russe décide de canoniser la famille impériale, les ossements seront probablement considérés comme des reliques saintes. La décision finale sur la canonisation a été reportée jusqu’à la prochaine réunion du Conseil de l’Eglise – comprenant tous les évêques de l’Eglise orthodoxe et des délégués élus – membres du clergé et laïcs – qui ne devrait pas avoir lieu avant l’an 2000.
Nombreux sont les membres de l’Eglise orthodoxe russe, la plus grande Eglise de la nation, qui vénèrent déjà Nicolas et sa famille comme des saints. Pour eux, les tests scientifiques ne comptent pas.
La majorité des monarchistes russes acceptent les conclusions données dans les années 20 par l’enquêteur de l’armée blanche, Nikolai Sokolov, et selon lesquelles les corps de la famille impériale ont été détruits et ne seront jamais découverts. Certains pensent que la police de sécurité soviétique, le KGB, est impliquée dans cette controverse. D’autres encore croient cet orthodoxe qui prétend avoir eu une vision du tsar Nicolas demandant qu’aucune recherche ne soit effectuée. La hiérarchie de l’Eglise devra donc régler tous ces points lorsqu’elle prendra sa décision concernant la canonisation.
La commission gouvernementale a décidé d’allouer 2 milliards de roubles (342’000 dollars) pour accélérer l’enquête. Selon le conseiller de Boris Nemtsov, Viktor Asyuchits, la commission a aussi décidé de lancer une campagne publique en vue d’expliquer les conclusions des experts. Par ailleurs, Boris Nemtsov a eu un entretien téléphonique avec le primat de l’Eglise orthodoxe russe, Alexis II, pour décider des modalités à suivre.
Faire preuve d’une grande prudence
Jusqu’à présent, les responsables de l’Eglise orthodoxe ont fait preuve d’une grande prudence, du moins en ce qui concerne leurs déclarations publiques. Le métropolite Yuvenali de Krutitskoye et Kolomma, qui préside la commission du Synode sur la canonisation et représente l’Eglise orthodoxe au sein de la commission gouvernementale, a, au cours d’une émission télévisée, exprimé l’espoir que « dans deux mois les réponses définitives seront données. Sur la base de ces résultats, nous adopterons alors notre prise de position ». (apic/eni/ba)
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