Lausanne: AD 2000, contre la résignation, pour relancer l’espérance
Lausanne, 18 novembre 1997 (APIC) Il n’y aura pas de tabous dans le cadre de l’AD 2000, l’assemblée synodale diocésaine qui sera convoquée officiellement le dimanche 30 novembre par Mgr Amédée Grab, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg. Mgr Grab a voulu que cette assemblée, qui s’achèvera en l’an 2000 en synergie avec le Grand Jubilé de l’Eglise universelle, revête plutôt la forme d’un «forum» ouvert sur le monde et sur l’œcuménisme.
Non à la tentation du découragement, non à la résignation, non au retour en arrière, oui à l’espérance et à la participation de tous, selon la vocation de chacun, dans une Eglise qui avance, a-t-il souhaité mardi à Lausanne lors de la présentation du projet AD 200.
Le synode diocésain, dans les formes prescrites par le droit canon – qui a encore été rigidifié par une récente Instruction romaine – serait à l’évidence «une structure trop lourde et trop contraignante». Mgr Grab espère tout de même que l’AD 2000 apportera des résultats concrets et des résolutions que l’on pourra mettre en œuvre pour l’entrée dans le 3ème millénaire. Le but est notamment de créer une meilleure coordination pastorale dans le diocèse, qui souffre de son fractionnement et d’une organisation de la pastorale sur une base cantonale. «L’Eglise locale, c’est le diocèse, pas le canton».
Pas de «ravalement de façade»
La parole sera libre, certes, mais il faudra tout de même éviter de susciter de faux espoirs, ont déclaré mardi à Lausanne les organisateurs de cet événement qui vise à redynamiser le diocèse, à lutter contre la réésignation qui se fait jour dans certains milieux catholiques, à redonner un souffle nouveau. Pas question cependant de vouloir se contenter d’un «ravalement de façade» ou d’un «toilettage interne»: «L’Eglise est là pour le monde, pas pour elle-même», a assuré l’abbé Jean-Marie Pasquier, de Lausanne, l’une des chevilles ouvrières de l’AD 2000.
Les thèmes brûlants, tout au moins dans certains milieux catholiques, comme l’ordination d’hommes mariés, le diaconat féminin, le célibat des prêtres ou l’ordination sacerdotale des femmes, ne seront pas censurés. «A moins de distribuer des muselières, on ne pourra pas empêcher les gens de parler», a plaisanté l’évêque diocésain, en soulignant que la censure n’a aucun sens et qu’elle est anti-chrétienne.
Les responsables de l’AD 2000 espèrent cependant que toute l’énergie des débats ne s’épuisera pas dans des thèmes controversés comme le célibat des prêtres ou la bénédiction des couples homosexuels. Des sujets certes importants, mais qui ne pourront pasêtre réglés en dehors du consensus de l’Eglise universelle. Et l’abbé Jean-Marie Pasquier d’estimer qu’il n’y aura pas d’ouverture par ex. vers l’abolition du célibat obligatoire ou le sacerdoce féminin sous le pontificat actuel. «Je crois que si cette assemblée se refermait sur des préoccupations intraecclésiales, elles passerait à côté de l’essentiel, qui est de donner sens et espérance dans un monde marqué par la crise économique, par le chômage, les nouvelles pauvretés et l’exclusion». (apic/be)
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