Redynamiser le sacrement de la réconciliation

Romont: Assemblée du Conseil de pastorale du canton de Fribourg

Romont, 24 novembre 1997 (APIC) Le sacrement de la réconciliation et la recherche de pistes pastorales concrètes ont été les points clefs de la réflexion de l’Assemblée du Conseil de pastorale du canton de Fribourg. Elle s’est tenue samedi, d’abord au monastère de la Fille-Dieu, puis au Centre paroissial Saint-Charles à Romont. La démarche de l’Assemblée s’inscrit dans la dynamique de renouvellement de la vie de l’Eglise du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, qui va débuter officiellement le premier dimanche de l’Avent, en vue de l’Assemblée diocésaine de l ’An 2000.

Le Père Joseph Kuster a d’abord rappelé aux participants que l’on garde souvent une image faussée du sacrement de la réconciliation, «une image liée à un Dieu qui punit». Alors que nous avons en face de nous un Dieu de miséricorde qui désire remettre les hommes et les femmes debout. La pratique de ce sacrement a, elle aussi, évolué. Si par le passé, la confession était souvent anonyme, on assiste aujourd’hui à un renouveau de ce sacrement, notamment grâce aux communautés nouvelles.

Trois possibilités de demander pardon à Dieu et aux autres

Actuellement il existe trois possibilités complémentaires d’obtenir le sacrement de la réconciliation; la confession individuelle auprès d’un prêtre, la confession communautaire (cérémonie pénitentielle) avec absolution individuelle chez un prêtre; enfin la confession communautaire avec absolution collective, qui possède un caractère exceptionnel et dont les conditions doivent être clairement définies.

«La réconciliation est nécessaire lorsque je suis séparé de moi-même (divisé intérieurement) de l’autre et de Dieu», a confié sœur Marie-Emmanuelle. Chaque jour, il peut y avoir des pardons à demander et à donner aux gens que nous côtoyons, que nous aimons. Un patriarche orthodoxe a écrit: «Il faut mener la guerre contre soi-même, il faut arriver à se désarmer, à n’avoir plus peur de rien, car l’Amour chasse la peur». Une authentique relation d’amour suppose la confiance; la peur, elle, entraîne la méfiance et le repli sur soi.

Prendre conscience de nos fautes constitue une première étape à franchir sur le chemin de la réconciliation. Cela signifie retrouver le sens de Dieu, redécouvrir sa volonté, à savoir vivre toujours mieux l’Amour. Il faut aussi laisser de côté notre orgueil, admettre nos faiblesses et accepter que les autres nous remettent en question.

L’attrait des célébrations pénitentielles communautaires

Parmi les avantages des célébrations pénitentielles avec absolution collective, des membres de l’assemblée ont cité l’atmosphère d’apaisement dégagée de belles cérémonies et le fait que l’on peut rendre compte que nous sommes tous pécheurs. Un petit nombre peut prendre conscience de la nécessité de franchir un pas supplémentaire en demandant une confession individuelle. Les cérémonies collectives constituent enfin pour de nombreuses personnes l’unique démarche pénitentielle qu’elles pratiquent encore.

Le gros avantage de la confession individuelle est l’aspect psychologique et thérapeutique de l’aveu. Le fait de pouvoir parler, de pouvoir confier un fardeau à un prêtre permet souvent de s’en libérer et de retrouver la paix intérieure. Si la confession personnelle est plus exigeante qu’une cérémonie collective, elle est par contre plus libératrice . Autre aspect important: la possibilité d’avoir un contact direct avec le prêtre qui offre une écoute, des conseils personnalisés et une parole biblique adaptée à chaque situation.

Une terre à retravailler

Lors de la messe, chaque délégué a amené un peu de terre de sa région qui a été réunie au pied de l’autel pour être sanctifiée par le Christ. Terre symbole de l’histoire de chaque secteur du canton et de chaque mouvement. Mais aussi de toute la population qui vit et travaille sur «notre terre». Une terre qui, une fois sanctifiée, devra être retravaillée à l’avenir pour porter de nouveaux fruits.

«Dieu nous a créés les deux pieds sur terre», a déclaré Christian Kunz en début d’après-midi au Centre paroissial Saint-Charles à Romont. Comment allons-nous transmettre à notre terroir ce que nous avons reçu dans la matinée? Comment continuer à travailler cette terre? La suite concrète est aux mains des paroisses. Comment vont-elles œuvrer en faveur du pardon et de la réconciliation?

Le chanoine Banderet a rappelé que ces démarches concrètes sont à mettre en relation avec la marche vers le Jubilé de l’An 2000, 1998 étant l’année consacrée à l’Esprit-Saint. «Nous pouvons Lui demander de venir éclairer le travail à accomplir». Il faut aussi faire le lien avec l’Assemblée diocésaine 2000 (AD 2000) dont l’annonce va être officiellement donnée le dimanche 30 novembre par Mgr Amédée Grab, évêque du diocèse, en la cathédrale de Fribourg. (apic/als/ba)

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