Rome: Un évêque d’Equateur demande l’accès aux sacrements pour les divorcés remariés
Rome, 24 novembre 1997 (APIC) Mgr Nestor Rafael Herrera Heredia a demandé aux Pères synodaux que l’on autorise l’accès aux sacrements pour les divorcés remariés et les couples qui ne sont pas en règle. Défendant la famille comme «lieu par excellence de l’évangélisation et de l’éducation à la foi» et «Eglise domestique», l’évêque équatorien a reconnu que comme pasteur, il était confronté à la dure réalité des familles déchirées par la pauvreté et la misère.
Intervenant dans le cadre de l’Assemblée spéciale du Synode pour l’Amérique, l’évêque de Machala, en Equateur, part de la dure réalité sociale que vit le continent latino-américain. Il a demandé par conséquent que les Conférences épiscopales aient la faculté d’établir des normes adéquates, en fonction des réalités de chaque pays, afin que les personnes divorcées remariées ou vivant en union libre puissent avoir accès aux sacrements.
Evoquant la réalité familiale de beaucoup de fidèles – qui ne sont pas à même de respecter le modèle basé sur le mariage chrétien – Mgr Herrera Heredia estime que de nombreuses situations ne proviennent pas du rejet du mystère de l’amour du Christ ni du refus de l’indissolubilité du mariage et de la fidélité conjugale. Elles trouvent leurs racines «dans des causes économiques, sociales et culturelles» qui précipitent les unions libres, les divorces et les unions nouvelles, étant donnée la nécessité de trouver les moyens de subsister, d’entretenir et d’éduquer les enfants et de se protéger du harcèlement sexuel.
Un questionnement à partir d’une réalité pastorale concrète
A partir de l’expérience pastorale, l’évêque équatorien peut affirmer que la majorité de ces personnes assistent à la messe, font baptiser leurs enfants, ont le souci que ces derniers reçoivent les sacrements; elles respectent les autres commandements et pratiquent la charité. Nombre d’entre elles participent activement à l’animation de la liturgie, à la catéchèse, aux mouvements apostoliques «et cependant ne peuvent recevoir ni l’absolution ni l’eucharistie».
Prenant en compte le nombre croissant de personnes qui sont confrontées à cette réalité en Amérique, l’évêque de Machala interpelle le Synode. Il demande, en signe «d’accueil fraternel et miséricordieux» à l’égard de ces frères et sœurs qui vivent une profonde souffrance spirituelle, que soit donnée aux Conférences épiscopales la faculté d’établir des normes adéquates en ce domaine. (apic/bol/cic/be)
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