Synode pour l’Amérique: Les interventions se suivent

«Que les évêques se séparent de la moitié de leurs biens»

Rome, 25 novembre 1997 (APIC) Si la solidarité interecclésiale Nord-Sud reste le thème favori des intervenants du Synode des évêques pour l’Amérique, aucun n’avait jusqu’ici suggéré un geste aussi concret que celui que propose Mgr Ivan Marin-Lopez, archevêque de Popayan en Colombie: que les évêques se séparent de la moitié de leurs biens pour le Jubilé.

«Que chacun de nous, évêques et prêtres, accomplisse un geste qui démontre que nous voulons vraiment vivre le grand Jubilé que nous prêchons. Ce geste pourrait consister à nous priver de la moitié de nos propres biens d’ici l’an 2000», a plaidé l’archevêque. Les fonds ainsi dégagés iraient à la fondation «Populorum Progressio», un organisme du Vatican spécialisé dans l’aide humanitaire à l’Amérique Latine, dont Mgr Marin-Lopez a été le collaborateur avant d’être nommé archevêque. Contrairement à d’autres, son intervention, qui proposait également la publication d’une encyclique sur la charité, n’a pas été applaudie.

Autre thème favori: la «nouvelle évangélisation». Pour le cardinal américain Edmund Szoka, nouveau président de la Commission Pontificale pour l’Etat de la Cité du Vatican, après avoir été l’artisan du redressement financier du Vatican, l’Eglise commettrait une erreur en s’opposant à la «globalisation», que rien ne pourra arrêter, dit-il, car elle est fondée sur l’économie. Il lui semble que «le Seigneur emprunte des voies inattendues» et que cette globalisation est une chance pour l’Eglise et que, sans tomber dans «l’activisme social», celle-ci peut intégrer ce processus pour le transformer en «globalisation de la solidarité».

Une nouvelle évangélisation qui passe aussi par les laïcs, autre thème récurrent qui arrive en quatrième position, avec la liturgie, juste derrière l’oecuménisme. Le P. John Corriveau, ministre général des Capucins, qui a une large expérience de l’Amérique Latine, constate que les sectes progressent parce qu’elle rendent leurs fidèles conscients de leur responsabilité dans l’évangélisation: pourquoi l’Eglise catholique n’utiliserait-elle pas la même recette en engageant les laïcs sur le terrain de la nouvelle évangélisation ?

L’Eglise des laïcs

Dans la même ligne, Mgr Eguiguren Galarraga (Bolivie), souligne que l’Eglise du troisième millénaire sera «l’Eglise des laïcs», car ce sont «eux qui ont écrit les pages les plus brillantes de l’histoire de l’Eglise en Amérique Latine ces dernières années». Il ajoute: «Pourrons nous entrer dans le XXIe siècle réconciliés après les péchés historiques qui ont été commis contre les femmes ?» Un examen de conscience d’un autre genre a été demandé par le cardinal américain William W. Baum, qui dirige la Pénitencerie Apostolique: «Avons-nous été timides ou incertains dans notre enseignement ?» demande-t-il aux évêques, leur demandant «de réveiller le sens du péché chez les catholiques et de donner un nouvel élan au sacrement de pénitence», pour inviter à «la conversion», sans hésiter à parler des «fins dernières», du paradis et de l’enfer, de «la présence du Malin», sans quoi il n’y aura «aucune vraie réforme des structures sociales».

D’autres intervenants sont revenus sur la dette extérieure et la corruption. En Bolivie, signale Mgr Sandoval (Santa Cruz), 40’000 familles cultivent la coca, «sans laquelle elles ne pourraient pas survivre».

Enfin, en écho à l’intervention de Mgr Herrera Heredia (Equateur), qui souhaite une plus grande clémence pour l’admission à la communion des divorcés remariés, Mgr Medina Estevez (Chili), pro-Préfet de la Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des sacrements, a précisé: «Cela n’a pas de sens de demander la communion quand on adopte un comportement contraire à la loi de Dieu, par exemple le concubinage et l’adultère». (apic/cip/imed/pr)

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