L’Information l’éthique et la liberté au cœur des débats

Beyrouth: Congrès international de l’UCIP

Beyrouth, 26 novembre 1997 (APIC) Quelque 50 journalistes venus d’une vingtaine de pays participent depuis dimanche 23 novembre à Beyrouth, au Liban, au Congrès international de l’UCIP (Union catholique internationale de la presse) sur le thème « Information, éthique et liberté ». Un sujet dont l’actualité et l’importance n’échappent à personne au cœur d’un Proche-Orient tiraillé par de nombreuses tensions.

Entre contrôle, censure ou propagande de l’Etat, pressions politiques ou religieuses et contraintes économiques, la marge de manœuvre des journalistes est étroite. Définir des principes éthiques communément admis par tous n’est pas une tâche facile. La vérité a un prix que les journalistes eux-mêmes hésitent parfois à payer, par crainte de la répression, mais aussi par fidélité à leur communauté.

Les premières tables-rondes ont permis de découvrir la réalité libanaise. Dans un pays « libre et démocratique » la presse n’est pas libre, constate Samir Frangié, docteur en droit libanais, connu pour son engagement en faveur des droits de l’homme. Sa liberté est limitée dans le temps. Six ans apès la fin de la guerre, aucun organe de presse n’ose aujourd’hui provoquer un débat public sur un conflit qui a duré 17 ans. « Il faut trouver le remède à une maladie dont il est interdit de chercher les causes », commente S. Franbié.

Autre limite pour la presse, sa tendance à « tourner en circuit fermé ». En s’intéressant uniquement aux débats et aux querelles de la classe politique, les médias passent à côté des problèmes de société et des problèmes politiques de fond. Quel est l’avenir et le rôle du Liban pris en tenaille entre l’occupation israélienne au Sud et la présence syrienne à tous les niveaux de l’Etat? Le sujet reste tabou. Le réductionnisme de l’information ne vient pas de la censure ni même de l’auto-censure, mais de l’absence de réflexion proprement politique, déplore encore Samir Frangié.

Le pays a besoin d’un vrai dialogue qui soit plus qu’un échange des points de vue. La cohésion de la société libanaise en dépend. Toute vérité est-elle bonne à dire? Les réponses peuvent varier à l’infini, répond Issa Goraïeb, rédacteur en chef du journal « L’Orient-le Jour ». Les appartenances ethnique, culturelle et religieuse conditionnent notablement la notion d’intérêt national. Dans ce contexte, deux devoirs s’imposent au journaliste: l’humilité face à une réalité jamais atteinte, et la tolérance, face à la vérité des autres. Ce qui ne doit pas empêcher de dénoncer la propagande étatique mensongère, la fiction d’une indépendance et l’anormalité d’une situation qui ne sert pas l’intérêt du pays. « Pour faire ou refaire un pays, il y a de meilleurs modèles que la Tour de Babel ». (apic/mp/pr)

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