Première synthèse des travaux

Synode sur l’Amérique: Les évêques à mi-parcours

Rome, 28 novembre 1997 (APIC) A mi-parcours du Synode sur l’Amérique, qui se tient au Vatican du 16 novembre au 12 décembre, les 300 évêques et experts venus de l’ensemble du continent américain expriment leur satisfaction sur les travaux en cours.

Le 28 novembre, alors qu’ils concluaient la première phase du Synode, qui a vu la prise de parole en séance générale de 250 participants, les participants ont remercié le pape pour son initiative «unique qui ouvre une nouvelle vision de notre réalité d’Eglise».

De fait, en convoquant un tel Synode pour préparer le troisième millénaire, le pape espère que les évêques des puissantes Eglises nord américaines, travailleront davantage avec leurs collègues souvent démunis du Sud du continent, en vue de «la nouvelle évangélisation».

Il apparaît nettement au terme de cette première phase, que le mouvement le plus massif des interventions est allé du Sud vers le Nord avec, de la part des évêques latino-américains, une demande forte de solidarité.

D’ailleurs 37 interventions sur 250 ont porté spécifiquement sur ce thème, nettement le plus abordé lors de ces quinze premiers jours. Avec 32 interventions, la question cruciale de l’évangélisation est arrivée en second. Dans les deux semaines qui viennent, les évêques et les experts, réunis en petits groupes linguistiques, vont s’employer à proposer les nouvelles voies de la mission sur ce continent, en proie à la sécularisation et soumise à l’assaut des sectes.

Dans cette ligne, deux éléments clefs émergent cependant: l’importance de la formation des prêtres et de l’éveil des vocations (14 interventions), et la place des laïcs (11 interventions). On attend de ces derniers une action évangélisatrice de terrain, à l’image des méthodes de diffusion des sectes. Des laïcs d’ailleurs omniprésents, comme au Brésil où faute de prêtres, ils président 70 % des cérémonies religieuses.

Les jeunes et les pauvres

Les Pères synodaux ont également fortement insisté sur l’importance de la formation, de la catéchèse et de l’inculturation (13 interventions) dans les paysages ecclésiaux aussi variés que ceux de ce continent. Mais aussi, devant la secousse provoquée, pour la foi populaire, par l’influence du mode de vie matérialiste nord américain.

Du reste, la préoccupation sociale, issue des effets de cette culture économique aura motivé 10 interventions, qui ont rappelé l’actualité de «l’option préférentielle pour les pauvres» avec des références fréquentes au poids de la dette extérieure, dénoncée comme un frein pour le développement, mais également reconnue pour avoir profité largement à la «corruption».

Sur un plan plus religieux cette fois, 11 interventions auront porté le souci oecuménique au coeur de l’assemblée. 10 interventions, en revanche ont insisté sur la nécessité d’offrir de belles liturgies «chaleureuses» en particulier pour lutter contre l’attrait des sectes, très au point en ce domaine, et sur la nécessité de revitaliser les paroisses. Dans la perspective de l’évangélisation, l’importance de la formation et l’utilisation des médias a été également soulignée (9 interventions).

Les jeunes (9 interventions) dont la force démographique en Amérique Latine démontre s’il en était besoin qu’ils sont la clef du futur de l’Eglise, n’ont pas été oubliés. Tout comme la famille (6 interventions) et les peuples autochtones (5 interventions).

Enfin, la question des migrations (5 interventions) s’est également imposée comme l’une des clefs du futur de ce continent très ouvert. Des évêques des Etats-Unis, ont cité des statistiques concernant leur pays indiquant qu’en 2030, 25 % des habitants seront des Latinos-américains, et 12 % seront des asiatiques.

Un premier rapport de synthèse (29 pages) de toutes ces interventions a été lu en séance le 28 novembre. Il servira de base de travail pour les réunions des groupes linguistiques qui vont maintenant avoir lieu. Elles aboutiront à la rédaction d’un message final et à une série de propositions d’action.

A la mémoire de Mgr Romero

En évoquant «la mémoire des martyrs», Mgr Gregorio Rosa Chavez, évêque auxiliaire de San Salvador, a proposé que Mgr Oscar Armulfo Romero, mort assassiné le 24 mars 1980 alors qu’il disait la messe, et grand défenseur des opprimés dans son pays, soit introduit dans la liste des «nouveaux martyrs» prévues dans le cadre du Jubilé de l’an 2000.

Suisse: Lettre ouverte du Cercle des exégètes catholiques aux évêques suisses

L’instruction romaine est «blessante» pour les laïcs et les prêtres

Lucerne, 28 novembre 1997 (APIC) Des exégètes suisses, hommes et femmes, réunis dernièrement à Lucerne pour leur Assemblée annuelle, écrivent aux évêques suisses à propos de la récente instruction romaine sur la collaboration des laïcs au ministère des prêtres. Le Cercle des exégètes demande en particulier aux évêques que leur prochaine prise de position sur le document controversé, tienne compte de l’esprit de la Bible sur les ministères tout en s’inspirant de la pratique des premières communautés chrétiennes.

La lettre aux évêques est d’abord l’aveu d’un sentiment d’incompréhension, voire de souffrance devant le style de l’instruction romaine: «Le document romain est empreint du souci de dénoncer des abus, mais la manière dont ce souci est exprimé dans l’instruction est formulé de telle manière qu’il apparaît à beaucoup comme ’blessant’. Non seulement pour les laïcs engagés dans la pastorale, mais aussi pour les prêtres. Ils reçoivent ensemble ce texte comme incompatible avec leur manière de voir et leur engagement pastoral».

«Nous pensons que les exigences de l’instruction romaine sont non seulement impraticables, parce qu’elles ne respectent pas les réalités pastorales. mais qu’elles ont aussi hautement problématiques sur le plan théologique», écrivent en outre les 37 signataires de la lettre.

De trop fortes différences…

«Le texte de l’instruction, poursuivent-ils, propose avec insistance une forte distinction entre ce qui est spirituel et ce qui est du monde profane. Il marque encore une nette différence entre «prêtres» et «laïcs». Ces grandes distinctions se trouvent en contradiction avec l’esprit de la Bible. Cette dernière parle de service divin pour la vie quotidienne du monde et désigne l’Eglise comme un peuple de Dieu en pèlerinage. Enfin la communauté chrétienne comprend des filles et des fils de Dieu dans laquelle les frontières sont effacées et les différences levées.

La multiplicité des ecclésiologies et des modèles de communautés dans le Nouveau Testament montrent, qu’aux premiers siècles de l’Eglise, l’unité était conciliable avec des formes différentes de présidence de la communauté . De même pour les fonctions et les services à la communauté. Pour chaque charisme concret de communauté et de direction de l’Eglise ce qui est requis, c’est d’abord d’un côté la plus grande conformité de vie avec Jésus de Nazareth et de l’autre, la conformité scrupuleuse aux signes des temps.

Faisant allusion à la prochaine prise de position des évêques suisses sur le document controversé, les signataires déclarent: «Dans une situation pastorale difficile, rendue encore plus difficile par l’instruction romaine, nous vous encourageons, dans votre prise de position de cette instruction, à tenir compte des signes des temps et à vous inspirer du témoignage biblique de la pluralité et de l’ouverture pastorale des premières communautés chrétiennes». (apic/com/ba)

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