Paris: Le cardinal Lustiger revient sur les Journées mondiales de la jeunesse

« Le pape ne donne pas un spectacle, il accomplit un ministère »

Rome, 2 octobre 1997 (APIC) Dans une interview accordée à l’édition française de « L’Osservatore Romano », le cardinal archevêque de Paris, Jean-Marie Lustiger revient sur le « succès » des Journées Mondiales de la Jeunesse de Paris. Il attribue ce succès non pas tant à la personne du pape qu’au Christ qu’il représente.

« Bien sûr, il est possible de trouver des traits communs entre le pape et des vedettes, admet l’archevêque de Paris. Mais la comparaison tourne vite court; aucun des motifs invoqués ne suffit à expliquer ce succès. Lors des JMJ à Paris, j’ai eu la grâce d’être constamment placé à côté du Saint-Père et de voir l’assemblée sous le même angle que lui. […] J’ai vu aussi le pape accomplir son ministère. C’est là le mot clé qui explique son succès le pape ne donne pas un spectacle, il accomplit son ministère. »

Et le cardinal de Paris d’expliquer: « Ce n’est pas un homme, aussi respecté ou aimé soit-il, qui accomplit cela, c’est – par le pape – le Christ lui même. Là est toute la différence. Parce que le pape est le successeur de Pierre, l’apôtre de Jésus-Christ et que cela est perceptible non dans la représentation (au sens de représentation théâtrale), mais dans le mystère sacramentel dont il est le ministre, les jeunes accourent, viennent et, par la grâce de Dieu, ils voient Celui au nom duquel le pape les accueille ».

Le cardinal Lustiger relève que les observateurs ont donné « les réponses les plus ingénieuses pour expliquer l’événement en le ramenant à des réalités connues »: goût de la fête, besoin de se retrouver, désir de solidarité, etc. Des explications qui « n’expliquent rien, car elles supposent que rien de nouveau ne s’est produit », dit-il, comparant la situation spirituelle des jeunes d’aujourd’hui à celle des foules de l’Evangile. Et d’observer: « Au début de ce siècle, des théoriciens de l’action politique ont réfléchi sur ’la conquête des masses’. Ils furent les inspirateurs, parfois involontaires, des entreprises totalitaires de notre temps. Il est évident pour tous les observateurs que les foules du champs de Mars et de Longchamp ne relèvent ni de cette analyse, ni de ces procédés. Cela doit nous donner beaucoup à réfléchir, à méditer, à prier. En effet, nous ne pouvons mettre entre parenthèse – même au titre méthodologique – le mystère du Salut et de la délivrance acquise par le sang du Christ. »

Conclusion de l’archevêque de Paris: « La faim spirituelle de cette génération est immense: ces jeunes recherchent ce qu’ils ne connaissent pas et qu’ils pressentent cependant. Y a-t-il eu en ce mois d’août un phénomène d’opinion ? Oui, tout autant que celui noté par saint Marc: ’Sa renommée se répandit dans toute la région. Mais, nous le savons, c’est la renommée de Celui qui peut leur donner le Pain de la Vie’. » (apic/imed/cip/mp)

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