Transmettre la foi aujourd’hui

Delémont: Symposium de la Communauté de travail des Eglises chrétiennes de Suisse

Delémont, 7 octobre 1997 (APIC) Une centaine de personnes ont participé le week-end dernier à Delémont à un symposium de la Communauté de travail des Eglises chrétiennes de Suisse (CTEC-CH) sur le thème « Transmettre la foi ». Il s’agissait en particulier d’évaluer la consultation œcuménique lancée en 1996 dans les diverses Eglises. La situation d’une société « lassée » par les Eglises ne doit pas être un obstacle mais l’occasion de mieux faire découvrir les Eglises comme communautés de croyants.

La transmission de la foi est une question d’actualité brûlante. Elle est devenue la question existentielle dans la société occidentale. Les moyens traditionnels de cette transmission sont en crise. Une notion que Roland Campiche et Alfred Dubach, auteurs en 1994 de l’étude « Croire en Suisse (s) » réfutent cependant au moins en partie. L’idée de crise ne se réfère-t-elle pas à un passé idéalisé et abstrait ne correspondant pas à la réalité vécue par les Eglises de l’époque? Pour Roland Campiche, les théologiens et les pasteurs ont souvent tendance à souligner les aspects négatifs de l’époque contemporaine. Ne faudrait-il pas plutôt considérer les changements comme positifs?

La rencontre de Délemont n’est pas l’aboutissement définitif de cette démarche œcuménique. La CTEC entend encore développer ce thème durant les deux ans à venir. Elle dispose pour cela de 17 thèses élaborées et formulées à partir des résultats de l’enquête .

Mgr Kurt Koch, évêque de Bâle, a relevé que la transmission de la foi ne se fait plus de manière traditionnelle quasi-automatique. Elle repose beaucoup plus sur le témoignage personnel et l’appropriation individuelle. Face à cette dimension, les Eglises semblent un peu au point mort. Et ne savent pas vraiment comment reprendre leur route. L’évêque plaide pour le dialogue et rappelle que le message ne peut pas bien être reçu s’il s’inscrit d’emblée de manière négative contre le monde culturel ou religieux contemporain . Il ne s’agit pas tant de « convertir » mais de montrer comment l’exemple vécu est en conformité avec les paroles. La famille reste dans ce cadre un élément essentiel que l’école ne peut pas remplacer. L’Eglise joue un rôle important mais il faut éviter qu’elle soit considérée comme un appareil administratif. La présence institutionnelle de l’Eglise ne signifie pas automatiquement un potentiel missionnaire, remarque Mgr Koch.

Pour le métropolite orthodoxe de Suisse Damaskinos Papandreou, la « timidité » de l’orthodoxie quant à sa définition est un signe qui exprime sa vitalité. La parole « intellectuelle » n’est pas la meilleure expression de la foi. L’orthodoxie se conçoit davantage en tant qu’amour et vision de la beauté spirituelle dont le Christ est le centre.

La foi sans l’action n’est cependant qu’un intellectualisme rigide, rappelle le métropolite. Ainsi être chrétien signifie imiter le Christ, être prêt à le servir dans les faibles, les affamés, les prisonniers. Mais il serait néanmoins faux d’opposer le vertical et l’horizontal. Toutes les dimensions de la foi forment un tout. Pour les orthodoxes, il n’y a pas de séparation rigide entre l’histoire du salut et l’histoire du monde.

Le pasteur Peter von Känel, de l’Eglise évangélique méthodiste, s’est fait l’écho d’une expérience d’évangélisation baptisée « vivre avec passion ». Cette démarche exige aussi non seulement des paroles mais des actes. Il ne s’agit pas de forcer les gens à croire mais plutôt de leur permettre de décider librement de choisir pour ou contre Dieu. Cette méthode de l’évangélisation par l’amitié est la meilleure pour que la foi atteigne les personnes. Les gens qui ont reçu la foi doivent être capables de la transmettre, conclut le pasteur.

La discussion en plénum a permis de montrer en outre qu’à côté de la famille, de l’école ou des Eglises, les médias, l’art et la culture ont aussi un rôle important à jouer pour la transmission de la foi. Roland Campiche met en garde aussi contre le tentation de minimiser le contexte politique. Le problème des sectes par exemple exige aujourd’hui que l’Etat joue le rôle d’arbitre dans les questions religieuses. (apic/gs/mp)

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