Clarifier les responsabilités, mais éviter les généralisations

Rome: Symposium sur les racines de l’anti-judaisme dans le monde chrétien

Rome, 10 octobre 1997 (APIC) «Les racines de l’anti-judaïsme dans le monde chrétien» sera le thème d’un prochain «symposium intra-ecclésial» qui réunira plus de 60 experts au Vatican, du 30 octobre au 2 novembre prochain, à l’initiative de la Commission théologico-historique pour le Jubilé de l’an 2000.

En 1998, dans le cadre de cette même Commission, un symposium sur l’Inquisition sera également organisé en vue du Jubilé.

Mgr Kino Fisichella, Vice-président de cette commission précise dans le bulletin de la conférence épiscopale italienne «SIR» les objectifs la rencontre sur l’antijudaïsme. Il insiste tout d’abord sur la nature ecclésiale de ce symposium qui implique «une réflexion typiquement théologique» centrée sur les «racines de l’antijudaïsme, ce qui n’est pas l’antisémitisme ou l’antihébraisme». La rencontre, explique-t-il, traitera des problèmes théologiques qui peuvent avoir suscités l’antijudaïsme. Nous laisserons au second plan, les raisons politiques et raciales qui ne sont pas de notre compétence.

Mgr Fisichella s’inquiète pourtant des risques «d’équivoque», provoqués par la démarche d’examen de conscience de l’Eglise en vue du Jubilé. «J’ai l’impression, observe-t-il, que cette question peut provoquer diverses équivoques qui créeront des confusions et qui offriront le risque de donner un vision unilatérale de l’Eglise. Un peu comme si les deux mille ans d’histoire de l’Eglise avaient seulement été une histoire de péchés et non pas, en première instance, une histoire de sainteté. Cette histoire de la sainteté devra émerger. Si une personne comme le Saint-Père prend sur lui le poids de présenter des excuses, il faudra, d’un autre côté, des moments où l’on devra rendre grâce à l’Eglise de ce qu’elle a fait dans l’histoire de la pensée.»

Eviter les généralisations

Ainsi, Mgr Fisichella, tient-il a corriger une «attitude incorrecte» selon lui, consistant à confondre examen de conscience et définition des péchés : «Il n’y a pas de péchés de l’Eglise. Le pape l’a souvent dit, parce que l’Eglise ne peut pas pécher, elle est sainte par sa nature et sa constitution. (…) Le pape n’a jamais parlé des péchés de l’Eglise bien qu’il ait dit que l’Eglise doit se charger des péchés de ses enfants, ce qui est une chose bien différente.»

Enfin, Mgr Fisichella, distingue très nettement, le symposium à venir sur l’antijudaïsme et le projet de document sur la Shoah, depuis longtemps en préparation et annoncé par le Vatican. «Le symposium ne traitera pas du thème de la Shoah. Si nous entrions dans l’analyse des dernières guerres, nous pourrions trouver une multitude de responsabilités en fonction des différentes interprétations historiques. Il reste toutefois évident que rien, dans les sources de la Révélation, ne peut porter à l’antijudaïsme. Pour la foi chrétienne, les hébreux sont le peuple que Dieu a choisi pour accomplir sa première alliance. Une attitude antijudaïque est donc impensable pour nous catholiques.

La Shoah, doit être évaluée sur une échelle beaucoup plus vaste qui ne concerne pas seulement l’antijudaïsme. L’histoire ne vit pas de généralisation parce que cela reviendrait à oublier les interventions de Pie XI, et Pie XII contre le régime nazi. Cela signifierait oublier les interventions de nombreux évêques, qui ont souffert dans leur Eglise locale de leurs prises de position. Et comment oublier les noms de tant de prêtres et de catholiques qui ont fini dans les camps de concentration nazis. Les responsabilités doivent être clarifiées mais une généralisation n’est pas juste.» (apic/imed/mp)

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