Oslo: Prix Nobel de la Paix collectif pour la Campagne contre les mines antipersonnel

Interdire définitivement ce « déchet de guerre »

Bruxelles, 10 octobre 1997 (APIC) Le Prix Nobel de la Paix 1997 a été décerné collectivement aux quelque mille associations regroupées au sein de la « Campagne internationale pour interdire les mines antipersonnel ». Ses responsables comptent mettre à profit cette nouvelle reconnaissance pour stigmatiser ou convaincre les pays qui refusent ou qui hésitent encore à signer début décembre, à Ottawa, le Traité d’interdiction totale des mines antipersonnel.

Le Prix qui sera remis à Jody Williams, l’infatigable coordinatrice de la Campagne, « représente une reconnaissance historique des droits des populations civiles à être épargnées par les millions de mines antipersonnel qui les menacent », ont souligné le 10 octobre à Bruxelles des responsables de Handicap International, organisation au service de la revalidation et de la réinsertion sociale des personnes handicapées et démunies. La Campagne Internationale contre les mines antipersonnel a débuté en 1991 et regroupe aujourd’hui un millier d’organisations non gouvernementales dans une soixantaine de pays

« Véritable déchet de guerre, arme sans maître, les mines antipersonnel ont mutilé 600.000 personnes en 20 ans, principalement en temps de paix. Chaque jour, des mines tuent ou mutilent 70 personnes, soit une victime toutes les 20 minutes. Quatre fois sur cinq, il s’agit d’un civil. » Ce prix est pour les différentes associations mêlées à la Campagne internationale contre les mines une consécration « aussi formidable qu’inespérée ». Hommage est aussi indirectement rendu au « mouvement citoyen » dont cette campagne est l’émergence à l’échelle de la planète, note Handicap International.

« C’est la Campagne, en effet, qui a su mobiliser toutes les autorités morales, et convaincre une centaine de pays de reconnaître que les droits des populations civiles sont bafoués par cette arme insidieuse et inhumaine. C’est elle qui les a amenés, en moins de cinq ans, à négocier les termes et le calendrier de leur renoncement. C’est elle enfin qui, à chaque étape du processus d’Ottawa, a su rappeler à chaque gouvernement que l’enjeu du traité ne se situait pas dans la logique habituelle du désarmement, mais qu’il s’agit de la responsabilité politique face au non-respect des droits les plus élémentaires de la personne humaine. »

Les responsables de la Campagne internationale dédient d’abord le Prix Nobel de la Paix aux victimes présentes et malheureusement à venir des mines antipersonnel. Comment, en effet, ne pas rappeler le calvaire vécu par chaque victime d’une mine et par les familles, comme par ceux qui vivent dans l’angoisse qu’une mine, proche d’une habitation, d’un terrain de jeu ou d’un champ de riz, emporte demain aveuglément les jambes ou la vie d’un enfant, d’une épouse, d’un mari ?

Convaincre les Etats récalcitrants à signer le traité d’interdiction totale

La Campagne Internationale compte, dans les prochaines semaines, relancer l’interpellation des gouvernements encore hésitants, à commencer par les Etats-Unis, dont le retrait spectaculaire des négociations, le mois dernier à Oslo, a contribué à renforcer le principe de défiance qui prévaut dans le clan des opposants (U.S.A., Chine, Russie, Pakistan, Inde…) « Avec seulement 60 à 80 pays signataires, précise Handicap International, l’impact réel du Traité d’Ottawa serait de peu de poids sur l’élimination des mines antipersonnel. Avec 110 ou 120 signataires, il s’imposerait comme une nouvelle norme d’interdiction et d’illégalité incontournable. »

Handicap International prendra sa part dans la pression des semaines à venir pour convaincre les gouvernements hésitants à signer à Ottawa un Traité qui interdit totalement la production, la vente, l’utilisation, le stockage et le transport des mines antipersonnel. La Belgique fut le premier pays à adopter une législation totalement restrictive en la matière. L’exemple réjouit particulièrement l’organisation basée à Bruxelles (apic/cip/mp)

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