Une Belge, trois Italiens un Mexicain

Rome: Cinq nouveaux bienheureux

Rome, 12 octobre 1997 (APIC) Outre la Belge Emilie d’Oultremont, le pape Jean Paul II a proclamé dimanche quatre nouveaux bienheureux: Deux prêtres italiens, une religieuse italienne et un religieux mexicain.

Dominique Lentini est né le 20 novembre 1770 à Lauria, en Italie, dans une famille de cinq enfants. L’aînée a 13 ans lorsque la maman meurt. Malgré les difficultés matérielles, le père se décide à envoyer son fils étudier en vue du sacerdoce. Dominique est ordonné prêtre à la Pentecôte 1774.

Ses contemporains rapportent que son amour de Dieu transparaissait particulièrement lors de la célébration de l’Eucharistie à laquelle il se préparait longuement dans la prière. Doué pour la prédication, il n’en passait pas moins de longues heures au confessionnal et aimait à se rendre au couvent des capucins pour l’adoration eucharistique. Soucieux de l’éducation des jeunes, non seulement intellectuelle, mais civique et spirituelle, il ouvrit une école où il se dépensait lui-même comme professeur.

Puis vint l’occupation française, en 1799, la reconquête de son trône par le roi de Naples, suivie par la revanche de Napoléon – qui installe à sa place Joseph Bonaparte- et par des révoltes napolitaines contre l’occupant, sévèrement réprimées.

Pendant ce temps, Don Lentini s’arme de son chapelet et du Crucifix pour reconquérir les âmes à Dieu, et donne tout ce qu’il a aux pauvres. Doté de dons surnaturels, il peut prédire l’avenir et lire dans les cours. La population constate les extases dont il est favorisé, en particulier pendant la célébration de la messe. On ne compte pas les phénomènes extraordinaires qui lui était dus, comme une pêche «miraculeuse» survenue à des pêcheurs de Salerne.

Il mourut le 25 février 1828, en odeur de sainteté, au sens propre du terme. Malgré des traitements médicaux qui lui avaient fait souffrir un vrai martyre, son corps demeura souple et continua plusieurs jours à exhaler un parfum surnaturel.

Jean Piarmata

Jean Piamarta est né en Italie du nord, à Brescia, en 1841. Il connaîtra toute l’époque de la lutte pour l’unité italienne, marquée non seulement par les tensions entre l’Eglise et l’Etat mais aussi par la pauvreté et les épidémies, avec la répression autrichienne, les sanglantes batailles de Solférino et de San Martino, l’entrée triomphale de Garibaldi dans la ville.

En 1886, devenu prêtre, Jean Piamarta, commença son oeuvre en faveur de l’éducation des jeunes garçons orphelins ou de familles pauvres, ouvrières ou agricoles en fondant un Institut d’artisanat, comprenant bientôt 14 spécialisations, dont une imprimerie. Il en sortira plus tard la maison d’édition Queriniana et une revue «La Famille agricole.» Devant la réussite de son oeuvre, on lui demandait son secret: «deux ou trois heures de prière chaque matin avant de commencer mes activités» répondait-il simplement.

Sa spiritualité est marquée par une dévotion à la Sainte-famille de Nazareth, en accord avec cette idée force de la sanctification par le travail, qui anime son projet éducatif. En 1900, il fonde la Congrégation de la Sainte-Famille de Nazareth, pour répondre à la demande de quelques jeunes qui désiraient demeurer avec lui. Suivra, avec le Mère Elise Baldo, la Congrégation des Humbles Servantes du Seigneur. Congrégations qui se développèrent après sa mort en Italie, mais aussi en Angola, au Brésil, au Chili.

«Je mourrai au milieu de mes jeunes», avait-il dit à son évêque qui lui demandait d’abandonner son projet. A ces mots, l’évêque lui donna sa bénédiction. Il s’éteignit en 1913.

Mère Marie-Thérèse Fasce

Marie-Thérèse Fasce naît le 27 décembre 1881 à Torriglia, près de Gênes, en Italie, dans une famille aisée. Fascinée par la figure de Ste Rita -canonisée en 1900-, elle entre au monastère des Augustiniennes de Cascia en 1906. En 1920, elle est élue abbesse à l’unanimité. Elle sera sans cesse réélue jusqu’à sa mort.

Elle consacra sa vie au développement du culte de Ste Rita à qui elle devait sa vocation, ayant l’initiative de nombreuses oeuvres qui ont fait de Cascia un centre spirituel et caritatif mondialement connu.

Affligée de souffrances physiques et spirituelles, elle les supporte avec patience et meurt le 18 janvier 1947.

Mathieu Nieves, martyr mexicain

Matthieu Nieves naît dans une famille de modestes paysans de Yuriria, au Mexique, en 1882. Orphelin de père, il doit travailler pour aider à la subsistance de la famille. En 1903, il entre au séminaire augustinien et y reçoit le nom de Elie del Socorro (du secours) en l’honneur de Notre-Dame du perpétuel secours. Il est ordonné prêtre en 1916.

En 1921 il est envoyé à La Cañada de Caracheo, un petit village pauvre où il expérimente les privations de toutes sortes. En 1926, les persécutions gouvernementales le font se réfugier dans une grotte d’où il peut continuer son apostolat auprès des populations qui lui sont confiées. Cette vie dans la clandestinité durera 14 mois.

Découvert et fait prisonnier par les soldats du gouvernement, il est fusillé le 10 mars 1928, après avoir donné sa bénédiction au peloton d’exécution et distribué aux soldats ses effets personnels. (apic/imed/mp)

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