Cuba: La tension monte entre l’Eglise et l’Etat, à trois mois de la visite du pape
La Havane, 14 octobre 1997 (APIC) Le projet d’un millier de catholiques cubains réfugiés à Miami, d’affréter un paquebot pour venir suivre la prochaine visite de Jean-Paul II sur l’île de Cuba du 21 au 25 janvier 1998, envenime les relations entre l’Etat cubain et l’Eglise catholique.
Signe de cette tension, l’annulation, dimanche 12 octobre, de l’autorisation de la messe en plein air et de la procession publique de la Vierge de la charité de Cobra, dans la localité de Bejucal. Cette cérémonie était la quatrième des quatorze prévues en vue de la visite du pape. Jadis très populaire à Cuba, la Vierge de la charité de Cobra est encore l’un des plus puissants symboles religieux de l’île. Chaque messe de préparation de la visite prévoyait une procession publique de cette statue.
Dans son homélie du 12 octobre, le cardinal Jaime Lucas Ortega Alamino, n’a pas hésité à dénoncer les conditions d’oppression subies par les catholiques cubains. «L’important, a-t-il affirmé, est de prier, que nous soyons sur la place, ou reclus dans cette église.»
De son côté, le gouvernement, par l’intermédiaire de Caridad Diego, le responsable des questions religieuses au Parti communiste cubain, a mis en garde, lors d’une conférence de presse, contre toute «provocation et confrontation» émanant de groupes anticastristes de Miami, «une attitude qui doit autant préoccuper l’Eglise cubaine que nous même» a-t-il remarqué. Parlant de la visite de Jean-Paul II il a néanmoins assuré que l’Etat cubain ferait «tout son possible» pour accueillir le pape de façon «chaleureuse et positive».
Il n’a toutefois pas caché les difficultés actuelles opposant l’Eglise et l’Etat quant à cette visite. Elles touchent des aspects qu’il a qualifiés de «contingents». Parmi eux, l’accès de l’Eglise aux médias d’Etat, l’autorisation des processions avant les messes, le choix de lieux de plein air pour les messes de préparation de la visite, enfin l’organisation de transports des foules pendant la visite du pape. «Nous ne pourrons pas être d’accord sur tout, a précisé Caridad Diego, mais les relations sont bonnes. Les aspects sociaux du message du pape seront à coup sûr bien entendus de tous.»
La semaine dernière à Rome, l’Agence Fides, dépendante de la Congrégation pour l’Evangélisation des Peuples, faisait état de «pressions» exercées par certains milieux du Parti communiste cubain, contre des catholiques. Menaces pouvant aller jusqu’au licenciement en cas de participation à la messe du pape. La même agence invoquait des divisions, à l’intérieur du PC cubain, quant à l’attitude à adopter en vue de la visite du pape, et vis-à-vis de la crainte d’un réveil religieux. Les observateurs ont noté le silence complet du congrès du Parti communiste cubain la semaine dernière sur la visite du pape.
Sur onze millions de cubains, quatre millions sont baptisés. On estime que 900 000 personnes, catholiques et protestants compris, pratiquent leur foi. (apic/imed/mp)
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