Une enquête du groupe Jonas

France: Des jeunes prêtres s’expriment sur leurs aînés

Paris, 20 octobre 1997 (APIC) Quelles ont les relations entre les jeunes prêtres de moins de 40 ans et leurs aînés? Le groupe Jonas, qui regroupe 2’000 prêtres « ordinaires » bien implanté dans la tranche d’âge des 60 ans et plus, consacre une enquête à cette question. Le journal « La Croix », dans son édition de vendredi dernier, reconnaît que cette enquête met en lumière des relations tranquilles entre les moins de 40 ans et les autres. Mais le quotidien catholique souligne aussi des différences notables que remarquent bien les catholiques dans les paroisses.

Le Père Michel Pinson, un des animateurs de Jonas, estime que cette enquête, destinée à ouvrir le débat entre prêtres et évêques, ne révèle pas de conflits majeurs mais que « le pluralisme est inscrit dans les faits » . L’enquête propose toutefois une ligne de cassure. La formation reçue avant ou après le Concile. « La conception de la mission de l’Eglise de ceux qui ont été formés avant le Concile est extrêmement homogène. Du coup le dialogue avec les générations formées après est beaucoup plus difficile », explique un jeune prêtre. A quoi un ancien répond que « les jeunes ne ressentent pas l’écart qui s’est creusé entre les promesses de Vatican II et les réalités ecclésiales qui déçoivent ».

Le portrait des jeunes prêtres décrit bien ce qui caractérise leur génération. Ils aiment à se retrouver entre eux, mais sont plus indépendants. « Ils ont un sacré look, genre austère…, mais la majorité de ceux qui arrivent en pastorale sont prêts à s’adapter, note un aîné ». De leur côté, les jeunes voient en certains de leurs confères plus âgés « des hommes qui voudraient tout ouvrir dans l’Eglise et qui sont systématiquement contre ce que dit le pape’ ». Les tiraillements, voire des incompréhensions graves, surtout avec certains attirés par la tendance intégriste, existent bel et bien.

Amour commun de l’Eglise

Mais plusieurs prêtres, jeunes ou anciens, se retrouvent dans l’amour de l’Eglise « imparfaite, têtue, autoritaire, exclusive, mais attentive et ouverte aux questions de ce temps ». Et aux anciens qui interrogent les jeunes sur leur peu d’attrait pour l’Action catholique spécialisée, un jeune réplique « qu’il y a aussi un besoin urgent d’injecter du spirituel ».

L’auteur de l’article de « La Croix », Robert Migliorini, conclut. « Au final, selon le sociologue Julien Potel, qui a analysé l’enquête, il ne faut pas imaginer « deux univers clos sans passerelles ». Jeunes et aînés se retrouvent sur des point importants. « Volonté de privilégier les petits et les pauvres, d’être proches des gens, amour de l’Eglise telle qu’est. Et ils ont en commun des agendas bien remplis, des difficultés pour se ressourcer, prier et vivre le célibat ».

L’enquête du groupe Jonas reste cependant modeste et ses résultats marquent des tendances qu’il ne faut ni maximaliser ni minimaliser. Seulement 38 jeunes prêtres et 8 aînés ont répondu, représentant 25 diocèses de France. Si l’on veut un rapport plus exhaustif sur l’enquête, on peut écrire à « Courrier Jonas », Presbytère, 27240 Damville.

France: Semaines sociales de France

Les migrants, défi et richesse pour notre société

Paris, 20 octobre 1997 (APIC) Des chrétiens soucieux d’éclairer leur action dans la société à la lumière de leur foi ne peuvent pas se contenter des slogans face aux questions difficiles C’est pourquoi les organisateurs de la 72e session des Semaines sociales de France, qui se tiendra du 21 au 23 novembre à Issy-les-Moulineaux, au sud-ouest de Paris, ont choisi pour thème : « Les migrants, défi et richesse pour notre société ».

Le but de ces trois journées est de fournir un cadre de réflexion fondé sur des faits, des témoignages, des réflexions et des références religieuses. La session prendra d’abord la mesure du problème à l’échelle mondiale. Beaucoup plus que les nouveaux venus (moins de 100’000 par an en France), ce sont les immigrés installés dans leur pays d’accueil qui doivent y trouver leur insertion. Or, cette insertion est rendue difficile par le chômage qui touche deux fois plus la population immigrée.

Mais cette insertion dans la ville, dans le quartier et dans l’école se poursuit, malgré des politiques encore insuffisantes. La population d’origine étrangère révèle d’ailleurs bien des richesses propres à renouveler la manière de « vivre avec l’autre »: un art de vivre dont la session entend aussi faire entendre les résonances évangéliques.

Au cours de ces journées, des témoins, dont le philosophe Paul Ricoeur et le Père Christian Delorme, membre du Haut Conseil à l’Intégration, feront part de leurs expériences; quinze ateliers envisageront en outre la situation des migrants sous divers angles. L’action de l’Eglise et ses références spirituelles seront également au coeur des réflexions.

Le dimanche 23 novembre, l’eucharistie du matin sera présidée par Mgr Louis-Marie Billé, président de la Conférence des évêques de France. Le Père Jean-François Berjonneau, responsable national pour la pastorale des migrants, parlera ensuite de l’action de l’Eglise et de ses références spirituelles. L’après-midi, Danièle Hervieu-Léger, sociologue, et Mohamed Arkoun, professeur émérite à l’Université de Paris III, étendront le regard sur les migrants aux enjeux de la laïcité et du dialogue interreligieux. (apic/cip/ba)

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