Accusé d’avoir sauvé un dirigeant de l’opposition

Indonésie : Procès pour le Père jésuite Ignace Sandyawan Sumardi

Djakarta 24 octobre 1997 (APIC) Le Père Ignace Sandyawan Sumardi, jésuite de 38 ans, directeur de l’Institut Social de Djakarta, en Indonésie, ainsi que son frère aîné Benny passent actuellement en procès. Ils sont accusés d’avoir caché le dirigeant du Parti Démocratique du peuple (PRD) et deux de ses compagnons, après la sanglante insurrection du 27 juillet 1996.

La révolte a été causée par des heurts entre deux groupes en conflit pour la conquête du quartier général du Parti Démocratique Indonésien (PDI). Mme Megawati Sukarnoputri, fille de l’ancien président Sukarno, avait été exclue de la présidence du PDI en faveur de son rival Surjadi appuyé par le gouvernement. Les partisans de Megawati Sukarnoputri ont alors envahi le siège du PDI. Le 27 juillet, les forces de sécurité sont intervenues pour chasser les occupants du bâtiment, marquant ainsi le début des heurts.

Le Parti Démocratique du peuple (PRD) parti d’opposition considéré par le gouvernement comme pro-communiste et illégal a été accusé alors d’avoir fomenté les désordres durant lesquels, selon des sources gouvernementales, il y eut 5 morts, 149 blessés, 59 disparus et de nombreux bâtiments détruits ou incendiés. Des sources non-gouvernementales ont parlé de 300 morts. Les mesures de répression gouvernementales qui suivirent ont fait de sources officieuses 117 morts ou disparus chez les jeunes étudiants universitaires activistes du mouvement démocratique.

Pour échapper à la poursuite, le dirigeant du PRD, Budiman Sudjatmiko et un de ses amis, furent hébergés au lendemain des heurts dans la maison de Benny, frère du Père Ignace. Au moment de leur arrestation, le jésuite s’attribua toute la responsabilité, en déclarant que son frère n’était pas du tout au courant de l’identité de ses hôtes.

Le Père Ignace fut alors accusé d’être un activiste du PRD, et de travailler dans l’ombre. Après les premières enquêtes, la magistrature a cependant dû le disculper de cette accusation, car aucune preuve solide n’existait contre lui. Lors de la première audience, l’avocat du jésuite a déclaré qu’en tant que «dirigeant spirituel», son client avait l’obligation d’aider tout le monde. Pour l’avocat, sa mission «est protégée par la loi et soumise à l’immunité».

La «Nahdatul Ulama» (Renaissance des Oulémas), organisation musulmane qui compte plus de 30 millions de militants, a déjà déclaré qu’elle se rangeait du côté du Père Ignace et approuvait son action pour la défense du dirigeant de PRD. (apic/fides/mp)

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