Genève: Le COE critique la position des Etats-Unis concernant les gaz à effet de serre
Genève, 26 octobre 1997 (APIC) Le gouvernement des Etats-Unis a « cédé devant la pression des lobbies de l’industrie pétrolière et automobile; c’est le moyen le plus sûr d’aller au devant d’une catastrophe écologique », déplore le Conseil œcuménique des Églises (COE) à Genève. Un signal de mauvais augure pour le sommet sur le réchauffement de la planète qui s’ouvre à Kyoto le 1er décembre.
Le pasteur Konrad Raiser, secrétaire général du COE, a exprimé sa profonde déception suite à l’annonce du gouvernement américain de reporter à vingt ans la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
L’expectative face à la position très attendue du gouvernement américain dans le cadre des négociations en cours en vue d’un traité international sur les changements climatiques a pris fin la semaine dernière lorsque le président Clinton est revenu sur les promesses des Etats-Unis de stabiliser d’ici l’an 2000 les émissions de gaz à leur niveau de 1990. Cette promesse avait été faite par le président George Bush lors du Sommet de Rio il y a cinq ans, et renouvelée par le président Bill Clinton en 1993.
Perte de crédibilité morale dans les questions d’environnement
« Le manque de volonté et d’autorité politiques dont font preuve les Etats-Unis dans cette affaire est alarmant, » a déclaré le secrétaire général du COE dans un communiqué. Il s’agit pour le pasteur Konrad Raiser d’une « capitulation devant les pressions de l’industrie de l’automobile, du pétrole et du charbon. Le gouvernement américain ne peut plus prétendre assumer la direction morale dans les négociations internationales sur les problèmes liés à l’environnement. Le COE continuera d’appeler à l’adoption de mesures appropriées pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Le président américain ne pourra pas en rester là. »
Conférence de Kyoto dans cinq semaines
Du 1er au 12 décembre prochain, les représentants de 150 pays doivent se réunir dans la ville japonaise de Kyoto pour élaborer des mesures visant à combattre le réchauffement de la planète dû aux émissions de gaz à effet de serre. La position des Etats-Unis, quantitativement le plus gros pollueur de la planète, est déterminante pour l’issue des négociations. Les lobbies industriels américains font pression de façon massive pour empêcher toute limitation et ont lancé une campagne de propagande télévisée devisée à quelque 13 millions de dollars pour défendre leurs intérêts économiques.
Un système économique qui porte atteinte à la création de Dieu
Le COE se préoccupe activement du problème des changements climatiques depuis près de dix ans. Alarmé par la lenteur des mesures destinées à réduire les émissions nocives, le COE, en 1996, a lancé une campagne internationale pour inciter les gouvernements des pays industrialisés à mener une action plus énergique. L’organisation basée à Genève voit dans les changements climatiques une illustration concrète de l’effet destructeur sur la biosphère que provoquent des systèmes économiques fondés sur l’exploitation et des modes de vie axés sur la surconsommation, qui non seulement portent atteinte à la création de Dieu mais aussi aggravent les inégalités au sein de la famille humaine.
Les émissions de gaz à effet de serre qui contribuent au réchauffement de la planète sont essentiellement le fait des pays industrialisés. « Cependant, ce sont les pays en développement les plus pauvres, les pays de faible altitude et les générations futures qui souffriront le plus des conséquences des changements climatiques », affirme le COE, une communauté de 330 Eglises. Réparties dans plus de 100 pays sur tous les continents, ces Eglises représentent pratiquement toutes les traditions chrétiennes. Bien que nombre membre, l’Eglise catholique romaine collabore activement dans certaines activités du COE. (apic/com/be)
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