Le courage d’être témoin dans une société pluraliste

Saint-Gall: Fête du 150ème anniversaire de l’indépendance du diocèse de Saint-Gall

Saint-Gall, 26 octobre 1997 (APIC) Plus d’un millier de personnes ont participé samedi à la cathédrale de Saint-Gall à la commémoration du 150ème anniversaire de l’indépendance du diocèse de Saint-Gall. Après de longues péripéties, l’évêché de Saint-Gall – qui formait avec Coire un double diocèse placé sous le gouvernement du même évêque – fut finalement détaché de celui de Coire en 1847.

Ce diocèse de Suisse orientale doit son existence à la création du canton de Saint-Gall en 1803, aux combats politiques du début du siècle dernier, ainsi qu’à la sécularisation de l’évêché allemand de Constance qui fut l’occasion d’un vaste remaniement des diocèses de Suisse alémanique.

Le président de la Confédération Arnold Koller ainsi que l’évêque-abbé de Saint-Maurice, Mgr Henri Salina, président de la Conférence des évêques suisses, figuraient parmi les personnalités qui avaient répondu à l’invitation de l’évêque de St-Gall, Mgr Ivo Fürer.

Principal orateur de la fête, Mgr Karl Lehmann, président de la Conférence épiscopale allemande, a souligné dans son diagnostic que malgré le « pluralisme radical » régnant dans la société actuelle – qui a ancré le pluralisme d’opinions et la diversité religieuse comme droits fondamentaux inaliénables – « le trône de Dieu n’est pas vide ». Il a constaté que là où la religion s’affaiblit, des formes religieuses problématiques ou pseudo-religieuses s’empressent de combler le vide. Les besoins religieux sont couverts d’autre manière: on rencontre aujourd’hui de nombreux rituels sécularisés. On est ainsi souvent face à une forme de religiosité vague, fortement « bricolée » et « syncrétique » en fonction de l’individu et de ses besoins.

Mais l’évêque de Mayence est formel: une religiosité subjective, centrée sur le moi, et qui n’est nulle part ancrée profondément n’a, à la longue, aucune chance de survie. Certes, l’apparition de ce type de religiosité et le pluralisme ambiant ont transformé les Eglises elles-mêmes. Et de déplorer que ces trois dernières décennies, les Eglises ont perdu beaucoup de responsabilités dans le domaine profane tandis qu’elles connaissaient une forte croissance de la participation intraecclésiale. La tentative d’intégrer une multitude de groupes dans le tout coûte beaucoup de temps, ce qui détourne fortement l’attention des défis de société auxquelles les Eglises doivent faire face, a-t-il constaté.

L’Eglise doit avoir le courage d’annoncer la couleur

Pour le président de la Conférence épiscopale allemande, l’Eglise doit reconnaître la situation fondamentale pluraliste, mais avoir le courage d’avoir sa propre position: « Nous devons enfin sortir d’un complexe d’infériorité toujours existant et nous n’avons pas besoin de courir après toutes les tendances possibles pour prouver que nous sommes dans l’esprit du temps. Sinon, nous arrivons toujours trop tard, et demain nous sommes déjà de hier ».

Mgr Lehmann a reconnu que la situation de l’Eglise n’est pas facile et qu’elle a depuis longtemps le dos au mur: « Nous sommes toujours comme si nous étions soumis à un interrogatoire! ». Il faut donc sortir de cette situation et s’engager plus que par le passé dans une compétition spirituelle, mais « d’une façon offensive, pas agressive ». Pour Mgr Lehmann, le chrétien à l’avenir sera un témoin, ou bien il n’existera bientôt plus. (apic/wm/be)

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