Biens confisqués injustement

Roumanie: Jean-Paul II réclame la restitution des biens confisqués aux gréco-catholiques

Rome, 27 octobre 1997 (APIC) Recevant lundi le nouvel ambassadeur de Roumanie près le Saint-Siège, Théodore Baconsky, Jean-Paul II a réclamé le respect des activités caritatives et éducatives de la communauté catholique roumaine et la restitution des biens confisqués, au nom du principe de la liberté religieuse et de culte.

«Je souhaite vivement que soient levés les obstacles à la restitution des biens nécessaires à la liberté de culte et de religion, biens qui appartenaient à l’Eglise catholique avant 1948 et qui furent confisqués injustement», a déclaré le pape, avant de dire sa confiance que, dans un avenir proche, grâce à la conduite d’un dialogue constructif avec les autorités civiles, les communautés catholiques pourront percevoir des signes concrets et positifs dans ce sens.

En Roumanie, la communauté catholique réunit des catholiques latins, minoritaires, et des catholiques de rite oriental ou «gréco-catholiques». Les heurts sont fréquents avec les communautés orthodoxes, majoritaires, auxquelles, souvent, le régime communiste avait remis les églises appartenant aux catholiques. Dans de rares cas, un accord a été trouvé pour l’alternance des cultes orthodoxes et catholiques dans une même église. Mais cela ne résout pas pour autant l’ensemble de la question des restitutions.

Le pape a fait valoir que la communauté catholique, quoique minoritaire, a le souci «de venir en aide aux plus démunis, sans distinction de culture ou de religion», et, en promouvant la solidarité entre tous les habitants du pays, favorise l’unité nationale et une véritable démocratie. Evoquant la longue expérience de l’Eglise catholique dans l’enseignement secondaire et universitaire, le pape a plaidé aussi pour que soient garantis le maintien et le développement de ses tâches éducatives, et en particulier de la catéchèse des enfants catholiques. C’est un atout pour le pays, constitué de minorités culturelles et ethniques, parfois nées de l’immigration, a relevé le pape, parlant d’une richesse à mettre au bénéfice de tous.

Intégration à l’Europe

Unité interne et intégration à la grande Europe sont les deux pôles de croissance indiqués par le pape. Mais il a insisté sur la nécessité pour cela de l’éducation à la responsabilité personnelle et collective et d’une sérieuse éducation morale des jeunes, nécessaire pour affermir les institutions démocratiques du pays au lendemain l’autonomie retrouvée.

Jean-Paul II a ajouté qu’il avait invité les catholiques roumains à «intensifier leurs collaborations avec les autres églises et communautés chrétiennes, en s’engageant dans un oecuménisme qui rapproche de la pleine communion, dans le respect des sensibilités et des traditions propres, et avec le souci de prendre appui sur ce qui déjà nous unit».

Le pape a dit voir dans la nomination du nouvel ambassadeur un nouveau jalon dans les relations entre le Saint-Siège et la noble nation roumaine, jalon qui ouvre la voie à un dialogue sans cesse plus développé et plus confiant. Il compte sur l’ambassadeur pour «multiplier les ponts entre les différentes traditions chrétiennes d’Orient et d’Occident et intensifier des relations diplomatiques confiantes entre le Saint-Siège et son pays.

Théodore Baconsky, né à Bucarest en 1963, est marié et a deux enfants. Il est diplômé en théologie de la faculté orthodoxe de l’université de Bucarest et en anthropologie religieuse et histoire comparée des religions de l’Université de Paris-Sorbonne. Membre de l’Association internationale des Etudes patristiques de Paris, il enseigne à l’Institut polytechnique de Bucarest et est conseiller du ministère de la culture. (apic/imed/cip/ba)

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