Suisse: Prise de position de l’Eglise catholique-chrétienne sur l’interruption de grossesse
doit s’engager à protéger davantage la famille
Berne, 1er septembre 1997 (APIC) Si le code pénal devient plus libéral en matière d’interruption de grossesse, l’Etat doit s’engager à protéger davantage la famille, estime l’Eglise catholique-chrétienne de Suisse. Dans le cadre de la procédure de consultation sur les modifications du Code pénal suisse concernant l’avortement, elle se déclare d’accord que certaines dispositions pénales soient abandonnées pour autant que l’Etat remplisse par d’autres moyens son devoir de protection de la vie.
La prise de position de l’Eglise catholique-chrétienne (ou vieille-catholique) est signée conjointement par son évêque, Mgr Hans Gerny, et le président de son Conseil synodal, Urs Stolz. Cette Eglise estime que l’Etat doit davantage s’engager pour protéger la famille, la femme enceinte, les enfants, en particulier les enfants handicapéés, les mères seules, notamment en agissant pour un environnement et des mesures fiscales plus favorables aux familles et pour une société plus accueillante aux enfants. « Il faut aussi que l’Etat s’engage concrètement, pour qu’avoir des enfants soit à nouveau quelque chose de positif pour notre société et pour notre jeunesse », a déclaré Mgr Gerny lundi à l’agence APIC.
Ce dernier souligne qu’il faut augmenter les moyens mis à disposition et mieux faire connaître les institutions qui prodiguent aide et conseils en faveur des femmes enceintes. « Le parlement ne peut pas seulement dire, dans une position libérale: ’Ce n’est pas possible de protéger la vie à naître par le code pénal, alors on laisse tomber!’ ». L’évêque catholique-chrétien estime que l’Etat ne doit pas seulement se déclarer en faveur d’une société plus solidaire, mais qu’il doit être conséquent et s’engager concrètement.
L’importance de la conscience individuelle éclairée
Dans leurs réflexions éthiques fondamentales, les responsales rappellent que l’Eglise catholique-chrétienne de Suisse a toujours attaché une grande valeur à la responsabilité personnelle et à la liberté de décision. Certes, elle ne laisse pas tout simplement la responsabilité personnelle et la liberté à la seule volonté personnelle ou à l’idée que l’on s’en fait individuellement, mais postule comme condition une recherche sérieuse de la volonté de Dieu tant de la part la communauté ecclésiale que de celle de la personne individuelle.
Etre conscient des côtés destructeurs de l’agir humain
De l’avis des catholiques-chrétiens, cette conscience de la responsabilité face à la création, et par conséquent face à toute forme de vie, ne peut pas être réglée par la loi. On ne peut que la promouvoir, quand on donne à l’homme sa dignité. Et on ne peut lui donner sa dignité que quand on y croit. Croire à la dignité de l’homme, estime l’Eglise catholique-chrétienne, c’est croire que l’homme est capable d’agir de façon responsable et de ne pas le priver des décisions dont il doit prendre lui-même la responsabilité. Evidemment, la dignité signifie aussi que l’homme soit conscient des côtés destructeurs d’un comportement irresponsable.
Pour les vieux-catholiques, ces réflexions sont centrales pour chaque décision en faveur ou contre une interruption de grossesse. On doit en tenir compte, « même si sur la base de nos réflexions éthiques, il est clair que toute interruption de grossesse ne doit être que l’ultime recours, pour éviter encore pire ».
Quant à la position sur la législation étatique, qui doit être rédigée indépendamment du processus de décision personnelle, l’Eglise catholique-chrétienne rappelle que selon le droit constitutionnel non écrit, il est du devoir de l’Etat de se porter garant de la protection de la vie. Mais, comme le constate l’avant-projet de révision du Code pénal du 10 mars dernier, la tentative de garantir par les moyens du droit pénal la protection de la vie à naître a largement échoué. Cela signifie donc que l’Etat n’est pas en mesure d’assurer cette protection par le biais du code pénal. Il est donc conséquent de laisser tomber certaines dispositions pénales en matière d’interruption de grossesse, et de se limiter à certaines sanctions précises, comme le prévoit l’avant-projet du 10 mars 1997.
L’Etat doit trouver d’autres moyens de protéger la vie à naître
Mais avec l’élimination de certaines sanctions pénales, l’Etat ne remplit évidemment pas encore son devoir de protéger la vie. L’Etat est par conséquent obligé de trouver d’autres moyens de protéger la vie à naître. Pour Mgr Gerny, on ne peut libéraliser le code pénal dans ce domaine que si l’Etat et la société acceptent de nouvelles obligations à l’égard de la protection de la vie. Cette prise de position est le résultat de discussions internes au sein de l’Eglise catholique-chrétienne. Elle n’a pas été discutée avec les autres partenaires œcuméniques, « car ces questions sont très difficiles et abordées de façon tellement différente dans les diverses Eglises qu’on a eu peu de contacts à ce propos. » (apic/be)
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