Madrid, 4 septembre 1997 (APIC) L’Amérique Latine a besoin d’un renouveau pastoral, estime Mgr Oscar Rodriguez Maradiaga, archevêque de Tegucigalpa (Honduras) et président du Conseil épiscopal latino-américain (CELAM), dans une interview accordée à l’hebdomadaire catholique espagnol «Vida Nueva». La pastorale, précise-t-il, doit être centrée sur la promotion du peuple, à partir d’une option renouvelée pour les pauvres.
Après s’être exprimé sur la dette extérieure et sur la situation économique de l’Amérique latine, ainsi que sur quelques problèmes pastoraux, concernant entre autres l’émigration, les conséquences de la violence, la plus haute autorité de l’Eglise catholique du continent décrit l’engagement du CELAM en fonction de ces défis. «Nous avons besoin d’un renouveau pastoral. C’est pourquoi nous travaillons à ce qui serait une pastorale du futur, en tenant compte de tout cela pour lui donner un contenu et des lignes claires».
Mgr Rodriguez renvoie ici au prophète Isaïe: «Jadis, le Seigneur a ouvert un chemin dans la mer […]. Ne vous préoccupez plus de ce qui est derrière vous, car je vais faire du nouveau […].» Il commente: «Si nous croyons que le Christ est le Seigneur de l’Histoire, avec notre travail – car il ne va pas le faire par magie -, avec le travail de tous, nous pouvons faire quelque chose de nouveau. Nous croyons que Dieu, qui a conduit l’histoire dans le passé, au point d’ouvrir des routes dans la mer, continue aujourd’hui de conduire l’histoire. Et nous pouvons tracer des chemins au milieu de la violence, des théories économiques et des problèmes aigus…»
A Rome, en toute liberté
Pour le président du CELAM, l’Eglise d’Amérique latine a un rôle particulier à jouer. «Nous ne pouvons continuer de penser que nous allons uniquement recevoir, explique-t-il. Il y a aujourd’hui 3’000 missionnaires latino-américains «ad gentes». Au XXIe siècle, nous aurons la moitié des catholiques du monde, mais nous n’aurons pas la moitié des missionnaires. C’est un signal d’alarme pour notre Eglise, avec l’attention pastorale à apporter à nos frères établis aux Etats-Unis et au Canada qui, souvent, n’ont pas assez de pasteurs».
En toute liberté, à Rome ? «Oui, nous l’aurons, assure l’archevêque hondurien. Bien plus, nous aurons la liberté de traiter même de thèmes qui ne figurent pas dans le document de travail ou qui ne sont pas évoqués dans le document préparatoire. Le Saint-Père nous encourage à avoir cette liberté». (apic/cip/pr)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse