Vietnam: Enfants de choeur, sanctuaires, retraites: des «activités contre-révolutionnaires?

«Le gouvernement veut donner une leçon à l’Eglise»

Ho Chi Minh City, 9 septembre 1997 (APIC) Le gouvernement vietnamien n’avait pas permis aux six jeunes représentants des trois provinces ecclésiastiques du Vietnam de participer aux Journées Mondiales de la Jeunesse (JMJ) à Paris. Les mêmes autorités continuent d’exercer leur mauvaise humeur envers l’Eglise catholique. Il multiplie, par des interdictions bureaucratiques, la liberté de mouvement des croyants catholiques. Dernière escarmouche en date: Les autorités ont empêché samedi l’administrateur apostolique du diocèse de Saigon de participer à l’ordination sacerdotale de sept religieux.

Pareillement, un des deux évêques qui avait été choisi pour participer aux célébrations parisiennes, Mgr Pierre Nguyen Van Nhon, de Dalat, n’a pas obtenu du gouvernement, l’autorisation de quitter le pays. Le seul représentant de l’Eglise vietnamienne était Mgr François X. Nguyen Van Sang de Thai Binh.

Selon diverses personnalités catholiques, les autorités politiques auraient décidé, semble-t-il, de «donner une leçon» à l’Eglise. Durant ces dernières semaines, l’évêque de Xuan Loc, Mgr Paul Nguyen Minh Nhât, a été accusé de promouvoir des «activités illégales» par le biais d’»organisations contre-révolutionnaires». Parmi celles-ci, se trouvent des groupes d’enfants de chœur, des leçons de chant et l’organisation d’une chorale pour la messe; sans oublier la «Croisade Eucharistique» dont les activités principales sont l’adoration et la prière devant le Saint-Sacrement.

Stupeur des fidèles

Un autre événement a provoqué la stupeur des fidèles: une commission parallèle des Ministères de l’Intérieur et de l’Armée a été envoyée de Hanoi, pour ouvrir une enquête à Vung Tau, dans le sud du pays, où a été entreprise, avec l’autorisation des autorités locales, la construction d’un sanctuaire dédié à la Vierge Marie. Une maison pour les retraites spirituelles est également en cours de construction à côté du sanctuaire. Au terme de l’enquête, les représentants des deux ministères ont décidé l’interruption des travaux de construction en accusant le sanctuaire et la maison de retraites d’être «des centres subversifs pour renverser le régime socialiste».

La liberté religieuse, déjà bien restreinte, dans le pays, a été ultérieurement limitée: les publications de livres de théologie et de liturgie ont été bloquées. La parution du calendrier catholique, composé de simples images des saints et de la Vierge Marie, n’a pas été encore autorisée.

Dans les régions de Thu Duc et Ho Nai, au nord de Saigon, où sont installées plusieurs communautés religieuses, la police a redoublé ses visites de contrôle dans les couvents, même durant la nuit.

Influence de Pékin?

D’après des observateurs catholiques, l’aggravation de la situation est due à deux facteurs: En matière de politique religieuse, Hanoi semble désormais emboîter le pas à Pékin et au niveau du gouvernement, il règne actuellement un climat de grande incertitude provoqué par le changement imminent des hauts responsables politiques: d’ici à nouvel an, le président Le Duc Anh, secrétaire général du parti Do Muoi et le Premier ministre Vo Van Kiet, ayant atteint la limite d’âge, partiront tous deux à la retraite. (apic/fides/ba)

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