L’Eglise catholique est chez elle en Egypte !

Egypte: Mgr Golta, auxiliaire du patriarche d’Alexandrie:

Le Caire, 12 septembre 1997 (APIC) Des courants extrémistes musulmans existent certes en Egypte, mais le gouvernement les contrôle et ils sont d’ailleurs refusés par l’ensemble du peuple, affirme Mgr Youhanna Golta, auxiliaire du Patriarche d’Alexandrie des coptes. «Les musulmans ne nous considèrent pas comme des étrangers; ils disent même que c’est nous les vrais égyptiens», explique-t-il dans une interview accordée à la «Lettre d’information» de la Mission de France.

Evêque, Mgr Golta l’est «d’abord dans le monde, car je suis convaincu que le monde a besoin du Christ», précise-t-il. Avec, en même temps, une expérience spirituelle avec le Christ. Etre évêque, ajoute-t-il, c’est «être appelé à témoigner dans ce monde difficile, où il y a toutes sortes de désordres». L’auxiliaire d’Alexandrie est évêque dans un pays musulman qui présente un visage particulier.

Des courants extrémistes musulmans existent, dit-il, qui sont encouragés de l’extérieur (Iran). Ils s’expriment en s’appuyant sur quelques versets du Coran, «dans la prédication de quelques imams, dans des publications agressives, des pressions pour des mariages avec des musulmans». Selon lui, «actuellement, le gouvernement contrôle ces courants qui, d’ailleurs, sont refusés par l’ensemble du peuple. L’Eglise – six millions de chrétiens, dont 250’000 catholiques de différents rites – a sa place dans notre société. Les musulmans ne nous considèrent pas comme des étrangers; ils disent même que c’est nous les vrais égyptiens».

L’évêque ajoute que la société égyptienne est unie et forte: «Jamais, par exemple, nous n’avons eu de guerre civile, de Ramsès II à nos jours».

Une Eglise en dialogue

En Egypte, comme en Europe, notamment en Grèce, les orthodoxes – ils sont 4 millions – ont le sentiment que l’Eglise a une stratégie de réunion des Eglises orthodoxes sous l’autorité du pape. Une «stratégie» qui, à leurs yeux, est influencée par la politique d’Etats occidentaux.

La principale difficulté dans ces relations n’est pas doctrinale, mais culturelle, souligne Mgr Golta: les traditions et les mentalités d’Orient et d’Occident sont différentes, tout en s’interpénétrant. Il aime prendre une image pour expliquer cela: «A Damiette, le Nil se jette dans la Méditerranée. Le fleuve et la mer sont bien ensemble, l’un dans l’autre, mais, comme on peut le voir, d’une manière distincte: à cet endroit-là les couleurs du fleuve et de la mer sont différentes. Cela me fait penser à la rencontre entre Occident et Orient et, par conséquent, entre catholiques et orthodoxes. Nous sommes une seule église, par la foi, mais nous ne sommes pas de la même civilisation. C’est pourquoi il faut poursuivre le dialogue».

L’important, pour l’Eglise catholique en Egypte, avec ses 40 congrégations religieuses et ses 170 écoles – dont beaucoup d’élèves sont musulmans – est de former la personne humaine égyptienne, souligne encore Mgr Golta. «Il ne suffit pas de discuter de théologie, déclare-t-il; il faut être au service des hommes. Ce qui m’intéresse, c’est l’être humain et sa formation, en luttant contre tout ce qui apporte la mort. C’est dans cette perspective que nous voulons donner une priorité à la formation des laïcs dans notre Eglise, sans hésitation et sans peur». (apic/cip/pr)

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