Timor Est: Mgr Belo, évêque de Dili, de passage à Bruxelles :

« Sur place, mon prix Nobel de la paix n’a rien changé »

Bruxelles, 14 septembre 1997 (APIC) « Mon prix Nobel de la paix a attiré l’attention du monde entier sur la situation de Timor-Est. Mais sur place, cela n’a rien changé », a déclaré Mgr Carlos Filipe Ximenes Belo, de passage à Bruxelles à l’occasion d’un congrès des religions et des spiritualités pour la paix. Timor Est, ancienne colonie portugaise, annexée par l’Indonésie en 1976, lutte depuis 21 ans pour son indépendance.

Sur les 850.000 habitants vivant dans le diocèse de Dili dont Mgr Belo a la charge depuis 1988 en tant qu’administrateur apostolique, 700’000 sont catholiques. Une trentaine de prêtres sont à leur service, ainsi que des religieux et des religieuses appartenant àà une vingtaine d’Instituts, à commencer par les Salésiens, suivis des Jésuites et des Franciscains. Sur environ 800 catéchistes, 380 le sont à temps plein. « Notre communauté catholique est en plein essor. Les églises, le dimanche, sont bondées. Les jeunes y viennent en nombre. De nouvelles vocations se présentent, au point que nous avons dû reconstruire un petit Séminaire », relève Mgr Belo

« Mon premier souci : la réconciliation »

A propos de la situation toujours tendue entre le gouvernement de Djakarta et les représentants timorais, l’évêque se contente de répondre avec amabilité et humour, mais sans s’avancer dans les précisions ou les explications. « Je suis venu, dit-il, parce qu’on m’a invité à un congrès pour promouvoir la paix. Je n’apporte pas de doctrine particulière, mais j’essaierai, avec d’autres responsables religieux, de porter dans la prière le souci de la réconciliation et de la paix. C’est aussi une des préoccupations majeures de l’Eglise » souligne Mgr Belo,

Quelques phrases, u vol, laissent percer l’acuité des problèmes, lorsque Mgr Belo évoque son rôle d’évêque: « Il s’agit d’accompagner les paroisses dans leur vie de tous les jours, de donner les sacrements, d’annoncer la Parole. Mais il importe d’abord d’être à l’écoute des personnes, de marquer la proximité de l’Eglise avec les pauvres, de se faire la voix des sans voix, que ce pour porter les problèmes des familles ou pour défendre les droits humains face aux policiers ou aux militaires. »

Un prix Nobel ne suffit pas à changer pareille situation. « D’abord, note l’évêque, je n’ai pas gardé ce prix pour moi. Je l’ai dédié à ceux qui souffrent pour la justice et pour la paix dans le monde. Mais surtout, le problème de Timor-Est ne se résoudra pas sans le concours de la communauté internationale pour parvenir à une solution de compromis entre les points de vue divergents. » C’est à cette fin qu’ont débuté, fin août, à l’instigation du secrétaire général des Nations-Unies, une première négociation à Djakarta en vue d’un référendum éventuel sur le sort de Timor.

Coexistence et dialogue

Avant de gagner Bruxelles, Mgr Belo avait rencontré en Afrique du Sud le président Nelson Mandela, avait qui il n’avait pu s’entretenir longuement lors d’une visite antérieure de celui-ci à Djakarta. L’évêque reste discret sur le contenu de leurs entretiens.

Il insiste, une fois encore, sur l’importance du dialogue. Le dialogue des religions lui paraît capital pour faire avancer la cause de la paix. « Mais ce dialogue doit passer obligatoirement par la coexistence sur le terrain », observe-t-il en évoquant la situation de son pays et en espérant que le 3e millénaire s’engagera davantage sur « la voie de la compréhension et de la coopération ». En attendant, une de ses priorités pastorales est d’être auprès des jeunes pour les aider à voir l’avenir avec espérance. (apic/cip/mp)

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