Genève: Célébration du Jeûne genevois
Genève, 15 septembre 1997 (APIC) Près de 500 catholiques genevois, jeudi dernier, ont roulé, pédalé ou même marché en se rendant au sanctuaire marial de Bénite-Fontaine, près de la Roche-sur-Foron en France voisine. Tradition du jeûne genevois oblige. Une journée que Mgr Pierre Farine, évêque auxiliaire, avait décidé d’intituler tout simplement « rencontre » et non plus « pèlerinage ». Un changement de terminologie judicieux: les témoignages recueillis ont en effet tous mis l’accent sur le plaisir des retrouvailles.
Tous les deux ans, le jeudi du Jeûne genevois, grâce à une tradition instaurée par Mgr Amédée Grab, quand il était encore évêque auxiliaire à Genève, les catholiques genevois commencent à affluer sous les grands arbres du parc dès 10 heures du matin. Où est la source, demandent les néophytes, un peu déçus quand on leur désigne une rangée de robinets Le lien entre cette eau domestiquée et le thème choisi pour la journée « Ensemble, marchons vers la Source », était cependant évident. Comme Israël dans le désert, les fidèles ont cheminé « vers Celui qui étanchera à jamais notre soif ». Comme la Samaritaine, Ils ont demandé: « Seigneur, donne-nous de cette eau ».
La marche des jeunes
Le thème de la source, qui a inspiré toute la réflexion de la journée, était le même pour la marche des jeunes. Une quarantaine d’entre eux avaient en effet décidé de faire un bout de chemin à pied. Ils se sont élancés du haut du Salève le soir précédent vers 20h30 et ne se sont arrêtés qu’à Viaison pour passer le reste de la nuit. Au petit matin, départ pour Bénite-Fontaine où ils ont été accueillis par des applaudissements. Au total cinq heures de marche au cours de la quelles ils ont pu vivre, par le biais de mini-sketches improvisés, la rencontre de deux personnages opposés: le croyant et le païen. Reflet de la rencontre de Jésus avec la Samaritaine, ils sont arrivés à une conclusion provisoire: « Il n’y a pas d’athée. Tout le monde croit à quelque chose ».
Les adultes, de leur côté, ont réfléchi sur l’enquête lancée l’an dernier au sein de l’Eglise genevoise. Les résultats de cette consultation avaient fait apparaître une convergences d’attentes et d’espoirs en faveur d’une Eglise « vivante, ouverte, accueillante et solidaire avec les pauvres ». Des groupes de réflexions ont tenté de répondre concrètement à ce programme et les réponses écrites seront transmises à Mgr Farine et au Conseil pastoral cantonal.
Après le pique-nique pris en commun et le chapelet médité, le point culminant de la rencontre fut l’Eucharistie. Plus de quarante prêtres entouraient l’évêque auxiliaire. Ce dernier, à l’heure de l’homélie a évoqué l’aventure de la Samaritaine, la suivant pas à pas dans cette aventure dont elle se souviendra jusqu’à la fin de sa vie. Une aventure qui s’inscrit dans la grande tradition des « chercheurs de Dieu » et qui nous interpelle à notre tour. Sommes-nous assez jeunes pour accueillir l’insolite, ce qui est bizarre et qui bouscule? Mgr Pierre Farine a poursuivi: « Son dialogue avec Jésus nous apprend que les rapports humains ne sont jamais à sens unique. Chacun a quelque chose à donner, même une simple gorgée d’eau. Et ce don, si mince soit-il, peut avoir des retombées vastes comme l’océan. En reconnaissant en Jésus un prophète, la Samaritaine nous enseigne aussi le saut de la foi, de la confiance. Sa démarche, sa façon de s’adresser au Christ et de lui dire « tu », nous apprend l’humanité du Fils de Dieu et la vraie dimension de l’homme en marche vers le Père ». (apic/gth/ba)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/geneve-celebration-du-jeune-genevois/