Genève: Restauration de la Grande Châsse de la cathédrale de Sion
Exposition aux Musées d’Art et d’Histoire jusqu’au 6 janvier 98
Genève, 17 septembre 1997 (APIC) Les Musées d’Art et d’Histoire de Genève ont présenté mardi à la presse l’exposition consacrée à l’itinéraire de la restauration de la Grande Châsse de la cathédrale de Sion. L’exposition sera ouverte au public du 18 septembre 1997 au 6 janvier 1998.
Confiée depuis un an au laboratoire des Musées d’Art et d’Histoire de la ville de Genève pour restauration, la Grande Châsse de la cathédrale de Sion confirme sa valeur comme pièce maîtresse de l’orfèvrerie du XIe siècle. Surtout, elle révèle des surprises: deux peintures du début du XIVe siècle ont été retrouvées sous les plaques de tôle.
Depuis plus d’une année, un chef-d’œuvre de l’orfèvrerie médiévale – la Châsse -, se trouve aux «soins intensifs» dans les ateliers et le laboratoire de recherche des Musées. Ce reliquaire est orné de précieuses plaques en argent repoussé, montées sur une âme en mélèze, et qui illustrent des scènes de la Passion, de la Résurrection et de l’Ascension du Christ.
Les historiens d’art s’accordent à placer ces reliefs parmi les plus prestigieux de l’orfèvrerie de cette époque. C’est à ce titre que la Grande Châsse de Sion est considérée comme l’un des témoins les plus importants de l’orfèvrerie médiévale en Valais, avec les non moins célèbres châsses du trésor de l’abbaye de Saint-Maurice.
Neuf siècles d’histoire ne se sont cependant pas écoulés sans y laisser des traces: traversant guerres et pillages, subissant des outrages lors de conflits politiques et religieux, la Châsse de Sion a néanmoins survécu à 900 ans, protégée au sein d’une communauté de fidèles qui la vénéraient. De l’avis des spécialistes de la restauration, elle est pourtant parvenue à Genève dans un état de précarité tel qu’un ajournement de l’intervention de conservation-restauration n’était plus envisageable.
Découvrir les méthodes de restauration
L’exposition, délibérément conçue comme un dossier «en cours de travail», présente les méthodes de consultations et de restauration mises en œuvre pour sauver la Châsse, ainsi que les résultats de recherches menées avec les méthodes les plus sophistiquées. Après avoir constaté que cet objet poserait non seulement des problèmes de restauration mais également de compréhension, un groupe de travail pluridisciplinaire comprenant des historiens de l’art, des restauratrices, des chimistes, des dendrochronologues et des physiciens spécialisés dans la datation au carbone 14 ont été réunis. En outre, une Commission scientifique composée de spécialistes provenant de plusieurs pays d’Europe accompagnent les travaux de recherches.
Le financement de la restauration est assuré par des fonds privés, réunis dans une fondation constituée ad hoc: la «Fondation pour la restauration de deux chefs-d’œuvre d’orfèvrerie médiévale en Valais». Dans un deuxième temps, il est en effet également prévu de restaurer la Châsse des Enfants de saint Sigismond du trésor de l’abbaye de Saint-Maurice.
Déécouvertes des laboratoires
Aujourd’hui, au fur et à mesure qu’avance sa restauration et son étude, la Châsse de Sion révèle les secrets d’une vie agitée, mais jusqu’à présent méconnus puisque toute documentation potentielle à son sujet aurait été détruite lors de l’incendie de Sion en 1788.
La dépose des splendides reliefs en argent repoussé a permis de constater un état certes fragile. Mais cette dépose a surtout réservé des surprises: sur un côté latéral et sur l’arrière de la Châsse, cachées par des tôles en fer étamé, deux peintures sur panneau ont été découvertes. L’une représente un Christ en majesté, l’autre de manière lacunaire, une scène avec des anges dont l’iconographie est encore incertaine.
En unissant les études stylistiques à la datation au carbone 14, il a été possible de les situer dans la première moitié du XIVe siècle. Il s’agit, disent les spécialistes, d’une découverte importante, car ces peintures sur panneau sont parmi les plus anciennes connues en Valais. Les recherches ne sont pa encore achevées. Une thèse de doctorat est actuellement en cours à l’Université de Zurich.
Une vidéo intitulée «La Grande Châsse de Sion – Itinéraire d’une restauration», tournée pendant la restauration, permet au public de suivre l’évolution des travaux. (apic/pr)
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