Les discours et les homélies de Jean Paul II au Brésil ne pourront aborder toute la réalité pastorale et quotidienne de l’Eglise catholique dans ce grand pays d’Amérique latine. On espère cependant une parole ferme du pape sur la question de la réforme agraire, grandement mise en évidence par l’action du « Mouvement des paysans sans terre » (MST) et soutenue par de larges secteurs de l’Eglise. Non seulement en dénonçant la répression policière (54 assassinats en incluant les 19 morts de Eldorado de Carajas le 17 avril 1996) mais aussi pour mettre en évidence leurs revendications sur une juste réforme agraire ou sur le relèvement du salaire minimum (actuellement 120 dollars par mois).
La politique économique du gouvernement a été durement critiquée lors de la manifestation du 3ème « Cri des exclus », le jour de la fête nationale du Brésil. Le rassemblement a réuni ce jour-là 80’000 personnes à Aparecida, (Etat de Sao Paulo) le principal lieu de pèlerinage marial du pays. Tous les participants avaient un carton rouge dans la main (comme l’arbitre sur un terrain de football) pour dénoncer l’inaction du gouvernement en faveur de la justice sociale. « Notre critique fondamentale contre le gouvernement, a déclaré Mgr Angelo Bernardino, applaudi par six autres évêques présents, c’est qu’il adhère aux politiques globalisantes néo-libérales en s’agenouillant devant le veau d’or en valorisant les banquiers alors que des millions de personnes perdent leurs emplois et que les secteurs de la santé et de l’éducation sont négligés avec les conséquences que l’on connaît chez les pauvres ». (apic/em/ba)
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