Rome: Le maire de Bethléem chez le pape
Rome, 18 septembre 1997 (APIC) Le maire de la ville de Bethléem, Hanna Nasser, a apporté jeudi 18 septembre au pape Jean Paul II un message de paix de Yasser Arafat, président de l’Autorité Palestinienne.
Accompagné d’une délégation de l’OLP, Hanna Nasser était porteur de la réponse palestinienne à l’appel à la paix que Jean Paul II lui avait envoyé personnellement le 16 juin dernier, ainsi qu’au Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu. Le pape mettait en garde contre le risque de nouvelles violences et appelait à la reprise du dialogue «à tout prix». Le pape réaffirmait également son désir de venir prier en Terre Sainte pour l’an 2000.
Le processus de pax sévèrement mis à mal
A l’époque déjà, le processus de paix était déjà très compromis par les violations des accords d’Oslo, notamment la volonté du gouvernement Netanyahou de poursuivre à tout prix la colonisation des territoires occupés et des quartiers arabes de Jérusalem-Est, et les provocations continuelles des colons dans la ville d’Hébron. Depuis, les attentats terroristes qui ont ensanglanté les rues de Jérusalem, les bouclages systématiques des territoires palestiniens, leur transformations en véritables «bantoustans» isolés les uns des autres, et les occupations de maisons par des colons extrémistes dans le quartier de Ras al-Hamoud, dans la partie arabe de la ville sainte, n’ont fait que relancer la stratégie de la tension visant à torpiller définitivement le processus de paix engagé par les accords d’Oslo.
C’est dans ce contexte très explosif que Hanna Nasser, représentant de la minorité chrétienne palestinienne, a pu rendre compte à Jean Paul II de la situation concrète des habitants palestiniens de Bethléem et des agglomérations arabes voisines, coupées de Jérusalem – leur centre vital – par les barrages imposés par Israël, mesures qui réduisent la population à un chômage massif et qui créent des problèmes sociaux et sanitaires insurmontables.
Les festivités du Grand Jubilé de l’An 2000 pas pour l’Eglise locale ?
Le maire de Bethléem a aussi évoqué avec les responsables du Vatican la question de la célébration du Grand Jubilé de l’An 2000 qui implique sa ville tout autant que Jérusalem. Un tel Jubilé ne sera en effet pas facile à organiser, car il n’est pas sûr que les pèlerins – notamment les chrétiens de l’Eglise locale, soumis depuis longtemps à de sévères restrictions de mouvement – aient la garantie d’accéder aux lieux saints, notamment à Bethléem qui fut récemment fermée 40 jours durant aux pèlerins du monde entier.
Les chrétiens des territoires occupés, contrairement aux pèlerins étrangers, se voient en effet tout simplement refuser «pour raison de sécurité» le libre accès à Jérusalem, ce qui leur interdit par conséquent l’accès aux lieux saints, en particulier au Saint-Sépulcre. Il serait dans ce cas particulièrement étonnant que les festivités du Grand Jubilé de l’An 2000 puissent se dérouler comme si de rien n’était et accueillir les représentants chrétiens du monde entier, alors que la chrétienté locale, déjà réduite à une peau de chagrin par la pression extérieure et l’émigration consécutive, ne pourrait visiter librement les lieux saints de Jérusalem, Nazareth, Bethléem ou Jéricho, ont confié à l’APIC des responsables chrétiens de Jérusalem. (apic/imed/cip/be)
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